Citations sur la mort
On n’ouvre pas une page de citations sur la mort par hasard. On y vient pour une question qui n’a jamais quitté la littérature ni la philosophie, pour une phrase lue jadis qu’on voudrait retrouver, ou pour des mots à off...
Citations sur la mort
Les ressources suprêmes sortent des résolutions extrêmes. S’embarquer dans la mort, c’est parfois le moyen d’échapper au naufrage ; et le couvercle du cercueil devient une planche de salut.
Source vérifiée Les Misérables (1862), tome 5, livre 1, chapitre 7 Il y a ceux qui ont peur de la vie et ceux qui ont peur de la mort. En fait ce sont les mêmes…
Source vérifiée Les habits du dimanche La mort, c’est pour que les choses demeurent au-delà de la destruction des corps et des objets.
Source vérifiée Le Nécrophile (1972) La mort est plus abjecte, plus languissante et pénible dans un lit qu’en un combat, les fièvres et les catarrhes autant douloureux et mortels qu’une arquebusade.
Source vérifiée Essais (1595), livre III, chapitre 13 Le genre de mort, pas plus que le genre de vie, ne doivent être considérés comme punition ou récompense. La rémunération ne peut être de ce monde.
Source vérifiée Œuvres completes, tome II Quelle mort plus belle que la sienne ? Ou plutôt est-il une mort plus belle que celle de l’homme qui sait le mieux mourir ? Est-il une mort plus agréable aux dieux que la plus heureuse ?
Source vérifiée Les Mémorables, Livre IV, 8 La mort, gendarme féroce, est inflexible dans ses arrêts.
Source vérifiée Hamlet (1601), V, 2, Hamlet L’heure s’écoule, ami ; tout fuit, la mort s’avance : Les grands ni les petits n’échappent à ses lois.
Source vérifiée Le Rat de ville et le Rat des champs La mort n’est rien pour nous, car tout bien et tout mal résident dans la sensation ; or, la mort est la privation complète de cette dernière.
Source secondaireLettre à Ménécée Du bois mort est celui où il ya le plus de matière consacrée à la mémoire. Et la mémoire et l’habitude sont les fourriers de la mort.
Source secondaireŒuvres en prose, 1909-1914, p. 1404 Je rentrai chez moi où le mort m’accueillit avec discrétion.
Source vérifiée Le Fait du prince (2008) Cicéron dit que philosopher ce n’est autre chose que s’apprêter à la mort.
Source vérifiée Essais (1595), livre I, chapitre 20 La mort me tente toujours comme un galop de liberté sur un cheval fou.
Source vérifiée On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans (1994) Il commanda à ceulx qui estoient soubz sa charge, qu’ilz s’en retournassent au païs sans esventer ny publier sa mort.
Source vérifiée Cimon, 35 La mort, selon les sauvages, est une grande femme fort belle, à laquelle il ne manque que le cœur.
Source vérifiée Pensées, réflexions et maximes L’homme accepte la mort mais non l’heure de sa mort. Mourir n’importe quand, sauf quand il faut que l’on meure !
Source vérifiée De l’inconvénient d’être né (1973) Il n’y a pas de peine irrémédiable, sauf la mort.
Source vérifiée La Retraite sentimentale (1907), chapitre 28 La mort ferme les yeux des morts et ouvre ceux des survivants.
Source vérifiée La regarder en face La mort n’existe pas. Surtout pas la mort. Le mot ne devrait pas exister car il désigne ce qui n’est pas.
Source vérifiée Le déroulement (1976) On ne se prépare pas à la mort. On se détache de la vie.
Source vérifiée Journal (1904-1955) Peut-être qu’il est doux d’être mort. Il ne l’est pas assurément de mourir.
Source vérifiée Journal de Paul-Jean Toulet La mort n’est pas une fille facile. Elle se refuse à ceux qui la veulent, se donne à ceux qui la repoussent.
Source vérifiée Juste une ombre (2012) La mort perfectionne l’homme le plus parfait ; elle le rend sans défaut pour ceux qui l’ont aimé.
Source vérifiée Vie de Jésus (1863), Introduction Je serais assez aise d’avoir le droit de vie et de mort, pour ne pas en user…
Source vérifiée Souvenirs d’enfance et de jeunesse (1883), chapitre 6 Le meilleur de ton repos, c’est le sommeil, et tu le provoques souvent de toi même ; cependant, tu crains violemment la mort qui n’est rien de plus.
Source vérifiée Le meilleur des mondes (1932) Des autres quatre, nul n’est decedé de sa mort naturelle.
Source vérifiée Numa, 37 La tragédie de la mort est en ceci qu’elle transforme la vie en destin.
Source vérifiée L’Espoir (1937) Votre mort est une des pièces de l’ordre de l’univers ; c’est une pièce de la vie du monde.
Source vérifiée Essais (1595), livre I, chapitre 20 Pour l’homme qui pense, la mort n’est pas une fin mais un commencement.
Source vérifiée Destins tordus (1981) Tous les hommes sont mortels : mais pour chaque homme sa mort est un accident et, même s’il la connaît et y consent, une violence indue.
Source secondaireUne mort très douce (1964), p. 152 La couveuse n’a rien à envier à la guillotine. Condamné à vie, c’est condamné à mort.
Source vérifiée Carnet de notes (2001) O Mort mystérieuse, ô sœur de charité !
Source vérifiée Poésies (1870-1871), les Sœurs de charité L’érotisme est l’approbation de la vie jusque dans la mort.
Source vérifiée La Littérature et le Mal (1957) Nous ne comprenons ce qu’est la mort qu’en nous rappelant soudain la figure de quelqu’un qui n’aura été rien pour nous.
Source vérifiée De l’inconvénient d’être né (1973) Cet été, j’aurai cinquante ans ;
La mort me dégrade, incessamment.Source vérifiée L’auteur et autres textes On ne s’habitue pas vite à la mort des autres. Comme ce sera long, quand il nous faudra nous habituer à la nôtre !
Source vérifiée Journal : 1887-1910 Ne craignez pas ainsi la mort et craignez davantage la vie insuffisante !
Source secondaireLa Mère (1931), p. 84 Ceux qui disent m’avoir connu doivent se tromper. Mais non, ils ajoutent même qu’ils m’avaient cru mort.
Source vérifiée Littérature, Nouvelle série, n° 2, 1er avril 1922. Hélas ! Qu’y a-t-il de certain dans ce monde, hormis la mort et l’impôt ?
Source vérifiée Lettre à Jean-Baptiste Leroy, 1789. La mort fait ou défait un grand homme ; elle l’arrête au pas qu’il allait descendre, ou au degré qu’il allait monter : c’est une destinée accomplie ou manquée…
Source vérifiée Mémoires d’outre-tombe (1848), Deuxième partie, livre II
Partager sur
À propos du thème « mort »
On n’ouvre pas une page de citations sur la mort par hasard. On y vient pour une question qui n’a jamais quitté la littérature ni la philosophie, pour une phrase lue jadis qu’on voudrait retrouver, ou pour des mots à offrir à quelqu’un qui manque. Les auteurs réunis ici parlent de la mort avec gravité, lucidité, parfois ironie. Leur pensée dit moins ce qu’est la mort que ce qu’elle change à notre manière de vivre.
Les philosophes et les écrivains n’ont jamais donné une réponse unique à la question de la mort. Certains ont voulu la rendre inoffensive, d’autres l’apprivoiser, d’autres encore montrer à quel point nous faisons tout pour ne pas la regarder. Ces positions ne se recoupent pas et c’est là le propre d’un sujet riche : chaque époque, chaque courant de pensée, chaque tradition a construit sa réponse, et aucune n’a fait taire les autres.
En lisant les écrivains, on est frappé de voir que la question de la fin devient presque toujours une question d’existence. Savoir que le temps est compté change la valeur de ce qu’on en fait. Certains y puisent de l’urgence, d’autres une sorte de détachement, d’autres encore une attention plus fine aux choses ordinaires. Les stoïciens et les romantiques ne décrivent pas la même expérience, mais ils partent du même point.
Il y a aussi ce que la disparition abandonne derrière elle. Beaucoup de textes parlent moins de celui qui s’en va que de ceux qui restent : la place vide, les habitudes qui continuent sans la personne, le souvenir qui s’installe là où la présence était. Ces pensées sur la mémoire et l’absence sont souvent ce qu’on cherche pour un hommage, une lettre ou une cérémonie, parce qu’elles formulent avec justesse ce que l’émotion rend difficile à dire.
Ce que les écrivains en ont dit
Les philosophes de l’Antiquité cherchent d’abord à en ôter la peur. « La mort n’est rien pour nous, car tout bien et tout mal résident dans la sensation », écrit Épicure ; pour Marc Aurèle, dans ses Pensées pour moi-même, elle n’est qu’« une simple fonction de la nature ». Montaigne reprend cette leçon dans ses Essais (livre I, chapitre 20) : « Cicéron dit que philosopher ce n’est autre chose que s’apprêter à la mort. »
Au XIXᵉ siècle, Chateaubriand la place au cœur de l’existence : « Tout nous ramène à quelque idée de la mort, parce que cette idée est au fond de la vie » (Mémoires d’outre-tombe). Victor Hugo, lui, en fait un départ : « Quand on est à la fin de la vie, mourir, cela veut dire partir », lit-on dans Les Misérables.