Je rentrai chez moi où le mort m’accueillit avec discrétion.
ÉcrivaineJe rentrai chez moi où le mort m’accueillit avec discrétion.
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Le fait du prince
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Ce soir c’est un peu un hommage posthume, mais de mon vivant. Je vais partir, mais je ne partirai pas sans vous remercier.
Au lieu de cela, mes derniers instants sont encore agréables, et j’ai de la vigueur pour mourir ; si même on peut appeler mourir que laisser vivant ce qu’on aime.
Je ne vais pas mal. Mais rassurez-vous, un jour, je ne manquerai pas de mourir.
Si je vois venir la mort, j’aurai la politesse d’être assez odieux pour qu’on ne me regrette pas trop.
J’ai moins peur de mourir que d’être oublié.
C’est pour cela que je suis venu, que je suis mort, et que j’ai pu renaître afin de mourir pour de bon. Le sacrifice, je suis prêt. Le sacrifice ce n’est pas la mort donnée, c’est la mort vaincue.
Est-ce que la mort me consolera de ma vie ?
Je me garderai, si je puis, que ma mort dise chose que ma vie n’ait premièrement dite.
Je dois vous laisser, ma tombe ferme à minuit. Le mourant vous salue !
Pour moi, ce chemin vers la mort est lumineux, c’est une libération.

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