Biographie courte et informations sur Sidonie Gabrielle Colette
Sidonie Gabrielle Colette née le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye, en Bourgogne. Elle commence sa carrière sous le nom de Willy, son premier mari, en écrivant la série Claudine. Après leur séparation en 1906, elle signe ses œuvres de son propre nom. Elle devient actrice et mime, puis écrivaine reconnue. Bisexuelle assumée, elle fréquente des cercles artistiques et féminins avant de devenir membre et présidente de l’Académie Goncourt. Elle est décédée le 03 août 1954.
- Une brise acide et pressée jetait sur le soleil une fumée de nuages rapides.
- En attendant que nos modistes reviennent à une conception décente du chapeau, la femme lie des relations de plus en plus étroites avec le coiffeur.
- Vous jetez la balle au chat, qui calcule mal son élan, exprès, et la laisse rouler sous le fauteuil.
- Le besoin de survivance est si vif chez nous, femmes, et si féminin l’appétit de victoire physique !
- La puissante lumière de l’été s’empare... Du moindre objet, l’exhume, le glorifie ou le dissout.
- Aucune voix n’emprunta le son du vent pour me glisser avec un petit souffle froid, dans l’oreille, le conseil d’écrire, et d’écrire encore, de ternir, en écrivant, ma bondissante ou tranquille perception de l’univers vivant...
- La quiétude... C’est le bien de ceux qui ont à jamais choisi une part de leur destin, et rejeté l’autre.
- Le sentiment d’attente ne s’ajuste qu’au seul printemps. Avant lui, après lui nous escomptons la moisson, nous supputons la vendange, nous espérons le dégel. On n’attend pas l’été, il s’impose; on redoute l’hiver.
- C’est le printemps rôti, qui accourcit l’herbe et les lances du blé.
- Mais ne plus posséder d’argent, ce n’est qu’une des étapes du dénûment.
- Il est sage de verser sur le rouage de l’amitié l’huile de la politesse délicate.
- Être libre !... Je parle tout haut pour que ce beau mot décoloré reprenne sa vie, son vol, son vert reflet d’aile sauvage et de forêt.
- Le temps passé avec un chat n’est jamais perdu.
- Les lettres d’amour, on devrait pouvoir les dessiner, les peindre, les crier...
- Une femme qui se croit intelligente réclame les mêmes droits que l’homme. Une femme intelligente y renonce.
- Pendant une bouffée de silence, épaisse comme une brume, je viens d’entendre choir sur la table voisine les pétales d’une rose qui n’attendait, elle aussi, que d’être seule pour défleurir.
- Mon Dieu ! Que la vieillesse est donc un meuble inconfortable !
- Puis elle brancha le fer à repasser, caparaçonna la table de cuisine et se mit à l’ouvrage.
- Notre amitié s’élargirait jusqu’à devenir ce lien que la séparation étire sans le rompre.
- Je veux écrire des livres tristes et chastes, où il n’y aura que des paysages, des fleurs, du chagrin, de la fierté, et la candeur des animaux charmants qui s’effraient de l’homme.
- Je voudrais vous faire partager cette conviction que chacun ne possède, ne doit posséder qu’une très petite part du bonheur...
- Un grand vent s’est levé sur le soir. Il a séché la pluie, emporté les grosses outres molles des nuages ballonnés, porteurs de bénigne humidité.
- De chaque détour surgissent ou s’enfuient une erreur, un mensonge involontaire, une vérité chenue de trente ans d’âge, qui gauchit les faits et respecte les figures.
- L’habitude de la défiance et du mensonge figeaient ses traits dès qu’il cachait un sentiment vif.
- On ne fait bien que ce qu’on aime. Ni la science ni la conscience ne modèlent un grand cuisinier.
- Elle nous adopta tous dans son coeur, suivit ma mère à la boucherie, me fit un bout de conduite quotidienne sur le chemin de l’école.
- Il n’y a de peine irrémédiable, sauf la mort.
- Il me montrait un visage si écarquillé, ouvert à toutes les conjectures, et si comique par sa nouveauté que... Je ne pus garder mon sérieux.
- Une responsabilité écrasante pèse sur vous tous, - celle de protéger, de prolonger, d’embellir ma scintillante, ma précieuse petite vie d’elfe.
- Surtout j’ai la douleur, cette douleur toujours jeune, active, inspiratrice d’étonnement, de colère, de rythme, de défi, la douleur qui espère la trêve mais qui ne prévoit pas la fin de la vie, heureusement j’ai la douleur.
- Il y a deux sortes d’amour : l’amour insatisfait, qui vous rend odieux, et l’amour satisfait, qui vous rend idiot.
- Rien ne mène - je le sais - à l’amour. C’est lui qui se jette en travers de votre route. Il la barre, à jamais, ou s’il la quitte, laisse le chemin rompu, effondré.
- Ah ! Si du moins j’avais ressenti au coeur le battement, aux mains le froid annonciateur, dans tout le corps une célébration de l’angoisse.
- Au lieu d’aborder des îles, je vogue donc vers ce large où ne parvient que le bruit solitaire du coeur, pareil à celui du ressac. Rien ne dépérit, c’est moi qui m’éloigne, rassurons-nous. Le large, mais non le désert.