Notre amitié s’élargirait jusqu’à devenir ce lien que la séparation étire sans le rompre.
Écrivaine, 1873-1954Notre amitié s’élargirait jusqu’à devenir ce lien que la séparation étire sans le rompre.
Écrivaine, 1873-1954Partager sur
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L’Étoile Vesper (1946), chapitre 6
… » Le beau sentiment, qui risquait d’aller se corrompant à la faveur d’un mal physique, d’une vieillesse aigrie, la mort le remet dans son état de pureté fidèle… je puis donc chérir Hélène de nouveau sans crainte, avec sévérité, comme elle m’en donna autrefois l’exemple. Car c’était elle qui décida quenotre amitié s’élargirait jusqu’à devenir ce lien que la séparation étire sans le rompre, qui éprouve sa force dans l’absence et forme ses jugements avec une liberté dédaigneuse. Combien de fois entendis-je Hélène sortir du protocole minutieux de sa province, et émerger — le coup de talon du grand plongeur — tout éclatante de paradoxe et d’arbitraire, commenter gaîment quelque crime domestique… …
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Dans l’amitié comme dans l’amour, la séparation fait bien, et les retrouvailles, mieux encore.
L’amitié disparaît où l’égalité cesse.
L’amitié est comme la porcelaine fine, une fois brisée, elle peut être réparée, mais elle n’est plus jamais la même.
L’amour finit quelquefois en amitié, l’amitié en solitude.
L’amitié que la présence attiédit, que l’absence efface.
L’amour ne peut se transformer en amitié que si le soulagement causé par la séparation est plus fort que le chagrin suscité par la rupture.
L’amitié est une opération d’une fois.
On a coutume de confondre l’amitié avec la camaraderie qui en est l’esquisse et devrait être la base du Contrat social.
L’amitié, c’est un de ces arbres où l’on s’appuie quand on est las dans le chemin.
L’amitié permet, à deux, d’obtenir ce que seul on n’atteint pas : un degré supérieur d’être.

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