Biographie courte et informations sur Marcel Jouhandeau
Né à Guéret le 26 juillet 1888, Marcel Jouhandeau fut enseignant et écrivain prolifique. Marqué par une enfance difficile et un conflit profond entre foi catholique et homosexualité, il publia nombre d’œuvres autobiographiques, dont les célèbres Chaminadour et Journaliers. Marié à Élisabeth Toulemont, il oscilla toute sa vie entre passions contradictoires. Son parcours fut aussi controversé, à cause de prises de position antisémites durant l’Occupation. Mort en 1979 à Rueil-Malmaison, Jouhandeau laisse une œuvre intime, complexe et influente sur la littérature française du XXe siècle.
- Sans doute l’homme ne mérite-t-il d’être intégralement ni un objet d’amour ni un objet de haine pour l’homme. Bien connaître quelqu’un, c’est l’avoir tour à tour aimé et haï. Aimer et haïr, ce n’est qu’éprouver avec passion l’être d’un être.
- Aimer, c’est n’avoir plus droit au soleil de tout le monde. On a le sien.
- La vieillesse apporte une lucidité dont la jeunesse est bien incapable et une sérénité bien préférable à la passion.
- Le niveau moral de notre vie n’a rien de commun avec la gravité ou la nature de nos fautes. C’est la manière de se comporter bien ou mal dans le mal aussi bien que dans le bien qui nous classe.
- La multitude de ceux qui se livrent au plaisir sans respect a plus fait pour le déshonorer que ceux qui le condamnent et s’en abstiennent.
- L’instant n’a de place qu’étroite entre l’espoir et le regret et c’est la place de la vie.
- Il faut parfois avoir le courage de ne pas travailler, mais ce luxe n’est pas un devoir pour tout le monde.
- Nous ne nous ennuyons jamais ensemble... C’est la meilleure façon de s’aimer.
- Dieu t’a donné un corps pour t’en réjouir jusqu’aux extrêmes limites de l’âge : c’est aller contre la nature que de te priver de moi, et de me priver de toi.
- La vieillesse ne me semble pas du tout le morne vestibule de la mort, mais comme les vraies grandes vacances, après le surmenage des sens, du coeur et de l’esprit que fut la vie.
- Du moment que le bonheur, c’est de vivre, on doit le trouver aussi bien dans la douleur que dans le plaisir et parfois jusque dans l’ennui.
- Aimer, la meilleure préparation à la mort.
- Mieux vaut aimer dans les enfers que d’être sans amour dans le paradis.
- L’amour est de tous les instants ou n’est pas. Une minute de dispersion et tout le charme est rompu.
- Quand j’aime, l’Autre est moi plus que moi.
- Aimer, c’est subjectivement l’abolition du monde au profit de quelqu’un.
- Les joies de l’amitié l’emportent parfois par leur délicatesse sur celles de l’amour.
- Parfois, j’envie mon chien, couché à mes pieds. Son attitude, l’expression de ses yeux, tout en lui confesse qu’il a foi en moi. Il sait que, du moment que je suis là, il ne lui arrivera rien de fâcheux, que je pourvoirai à tous ses besoins. Il croit en son maître, comme je voudrais croire en Dieu.
- À partir d’un certain âge il faut prendre l’habitude de vivre comme les fantômes. Ne rien regretter, ne rien désirer. C’est de tout repos. Rien ne vous pèse, on ne pèse sur rien.
- L’amour fait le vide autour d’un seul visage.
- L’amour, c’est d’apprendre par coeur le corps et l’âme de quelqu’un.
- Savoir aimer, ce n’est pas aimer. Aimer, c’est ne pas savoir.
- En amour, ce que je cherche, ce n’est ni tout à fait l’amour, ni la beauté, ni le plaisir, mais une sorte de défi à l’orgueil et l’occasion de vaincre quelqu’un par une suprême élégance du coeur.
- On peut décréter et ressentir sa mort, sans attenter à sa vie. La mort est un état d’âme.
- Il n’y a pas de courage triste.
- Le bonheur, c’est tout de suite ou jamais.