On peut décréter et ressentir sa mort, sans attenter à sa vie. La mort est un état d’âme.
Écrivain, 1888-1979On peut décréter et ressentir sa mort, sans attenter à sa vie. La mort est un état d’âme.
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Source secondaire
Réflexions sur la vieillesse et la mort (1956), p. 83
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C’est la vie, et non point la mort, qui divise l’âme du corps.
La mort elle aussi brille par son absence.
La vie, c’est faire semblant de ne pas être mort.
La mort n’est que la mort ; on ne signifie rien par sa mort mais on la subit.
Il est beau de mourir de sa mort, d’une mort qui ressemble à sa vie. Et mourir est passivité, mais se tuer est acte.
Les maux du corps donnent l’idée de la mort, les peines de l’âme, celle de l’éternité !
Nous ne comprenons ce qu’est la mort qu’en nous rappelant soudain la figure de quelqu’un qui n’aura été rien pour nous.
Cet affranchissement et cette séparation de l’âme d’avec le corps, n’est-ce pas cela qu’on appelle la mort ?
Existe-t-il pensée plus consolante que de savoir les proches défunts à vos côtés ? La mort perd en gravité et en fatalité. Et l’existence gagne en valeur et en sens. Il n’y a ni un avant ni un après, mais un tout.
La mort est la face de la vie qui est détournée de nous, qui n’est pas éclairée de nous.

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