Existe-t-il pensée plus consolante que de savoir les proches défunts à vos côtés ? La mort perd en gravité et en fatalité. Et l’existence gagne en valeur et en sens. Il n’y a ni un avant ni un après, mais un tout.
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- Respirer, marcher, parler, regarder : toutes choses ordinaires, dont on ne s’aperçoit de la valeur que lorsqu’on a failli les perdre pour toujours. Les rescapés d’accident, de maladies ou d’événements de vie graves racontent tous la même histoire, et la même sensation, liée à cette prise de conscience : vivre est une chance.
- Ce que les morts laissent aux vivants, c’est certes un chagrin inconsolable, mais aussi un surcroît de devoir de vivre, d’accomplir la part de vie dont les morts ont dû apparemment se séparer, mais qui reste intacte.
- Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents, dans la mémoire des vivants.
- Il faut apprendre à donner de votre absence à ceux qui n’ont pas compris l’importance de votre présence. La mort ne prend pas de temps de pause.
- Penser aux morts, c’est assurer la survie des gens qu’on a aimés, en attendant que les autres le fassent pour vous. C’est un devoir de mémoire.
- Perdre la vie est peu de chose et j’aurai ce courage quand il le faudra. Mais voir se dissiper le sens de cette vie, disparaître notre raison d’existence, voilà ce qui est insupportable. On ne peut vivre sans raison.
- On envisage la mort avec sérénité si, au moment de mourir, on peut être fier de sa vie. Une vie qui s’est entièrement vouée à la pratique de la vertu n’est jamais trop courte.
- On peut décréter et ressentir sa mort, sans attenter à sa vie. La mort est un état d’âme.
- Inutile de prétendre intégrer la mort à la vie et se conduire de manière rationnelle en face d’une chose qui ne l’est pas : que chacun se débrouille à sa guise dans la confusion de ses sentiments.
- Les gens craignent plus la mort que la souffrance. Or, la vie est souffrance. La mort nous en délivre. N’est-elle pas alors notre meilleure alliée ?
- Celui qui n’est pas en vie doit être considéré comme mort. Donc... Si je comprends bien, avant la vie on est mort, et après la vie on est de nouveau mort.
- Je crois, toutes réflexions faites, qu’il ne faut jamais penser à la mort; cette pensée n’est bonne qu’à empoisonner la vie; la grande affaire est de ne point souffrir.
- La mort, comme un terrier, comme une chambre aux rideaux fermés, comme la solitude, est à la fois horrible et tentante : on sent qu’on pourrait y être bien.
- Ton fils aîné est mort ? Aime-le encore plus. Et surtout aime les autres, ceux qui te restent, et dis-le-leur. Vite. C’est la seule chose que nous apprend la mort : qu’il est urgent d’aimer.
- Le vrai sage ne craint pas la mort car il sait que la mort n’est rien. La conscience ne souffre pas puisqu’elle a disparu. Avec la chair qui pourrit, c’est l’esprit qui pourrit aussi, et les désirs, et l’angoisse.