Perdre la vie est peu de chose et j’aurai ce courage quand il le faudra. Mais voir se dissiper le sens de cette vie, disparaître notre raison d’existence, voilà ce qui est insupportable. On ne peut vivre sans raison.
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- Il faut aimer la vie avant d’en aimer le sens, dit Dostoïevski. Oui, et quand l’amour de vivre disparaît, aucun sens ne nous en console.
- Que ce monde sans amour était comme un monde mort et qu’il vient toujours une heure où on se lasse des prisons, du travail et du courage pour réclamer le visage d’un être et le coeur émerveillé de la tendresse.
- Je préfère vivre ma vie comme s’il y avait un Dieu et mourir pour découvrir qu’il n’y en avait pas, que vivre comme s’il n’y en avait pas et mourir pour découvrir qu’il y en avait un.
- Crois-tu que la vie soit un passage d’une mort à l’autre ? Faut-il vraiment transiter par tant de morts pour arriver à vivre ?
- Il doit y avoir dans le monde une tripotée de gens comme moi, qui ont envie de mourir, mais qui n’en ont pas le courage.
- Quelle souffrance que d’être ainsi vivant. Quelle abomination, quelle pourriture ! Comment mon corps, ce corps qui est à moi, qui appartient ou qui est le maître de cet esprit pas particulièrement attaché à la vie, a-t-il la force, le courage d’exister ?
- Je n’imagine plus le terme de mon existence comme l’effrayant passage dans le néant mais comme le délicieux moment où j’arrêterai enfin de régler des factures. Certaines lassitudes aident à dédramatiser.
- La vie n’est qu’une longue perte de tout ce qu’on aime. On laisse derrière soi une traînée de douleurs. Le destin nous ahurit par une prolixité de souffrances insupportables. Après cela, on s’étonne que les vieilles gens rabâchent.
- Je suis vie qui veut vivre, entouré de vie qui veut vivre. Chaque jour et à chaque heure cette conviction m’accompagne. Le bien, c’est de maintenir et de favoriser la vie; le mal, c’est de détruire la vie et de l’entraver.
- Qui n’a pas rêvé, à un moment donné, d’effacer la vie ? L’embêtant c’est que la vie, il faut la vivre à la file. Ça commence et, à partir de là, ça tire du long jusqu’à la fin. On ne peut pas choisir.
- Voilà peut-être ce qu’il faudrait accepter : on ne fait que passer. Et quand bien même l’amour, le combat, la souffrance à en devenir fou... De tout ça un jour il ne reste rien.
- Au fond, au fond même de la vie, qui nous séduit tous, il n’y a que de l’absurdité, et encore de l’absurdité. Et c’est peut-être cela qui nous donne notre joie de vivre, car la seule chose qui peut vaincre l’absurde, c’est la lucidité.
- L’excès de prudence détruit l’âme et le coeur, parce que vivre est un acte de courage. Et un acte de courage est toujours un acte d’amour.
- Si la seule solution est la mort, nous ne sommes pas sur la bonne voie. La bonne voie est celle qui mène à la vie, au soleil. On ne peut avoir froid sans cesse.