Biographie courte et informations sur Roland Barthes
Roland Barthes est né le 12 novembre 1915 à Cherbourg en France et est mort le 26 mars 1980 à Paris. il a exercé les métiers de critique littéraire, de sémiologue et de professeur. Il a enseigné au Collège de France et à l’École des hautes études en sciences sociales. Parmi ses ouvrages on trouve : Le Degré zéro de l’écriture et Fragments d’un discours amoureux.
- Elle disait avec soulagement : La nuit est enfin finie (elle a souffert la nuit, seule, chose atroce).
- L’important c’est que la photo possède une force constatative et que le constatatif de la photo porte, non sur l’objet, mais sur le temps.
- La politesse est plus généreuse que la franchise, car elle signifie qu’on croit à l’intelligence de l’autre.
- Délos est une île magique où se croisent des étincellements; elle devient peu à peu miroir; miroir de quoi ? Peu importe; les miroirs ont une beauté surnaturelle; ils ne connaissent pas ce qu’ils reflètent et ils ne reflètent pas toujours ce qu’ils voient.
- Beaucoup d’être m’aiment encore, mais désormais ma mort n’en tuera aucun.
- Etre d’avant-garde, c’est savoir ce qui est mort; être d’arrière-garde, c’est l’aimer encore.
- En fait, au fond, toujours ceci : comme si j’étais comme mort.
- Le Roman est une Mort; Il fait de la vie un destin, du souvenir un acte utile, et de la durée un temps dirigé et significatif.
- La baguette, désignant ce qu’elle choisit, , introduit dans l’usage de la nourriture, non un ordre, mais une fantaisie et comme une paresse : en tout cas, une opération intelligente, et non plus une mécanique.
- Des masses corrompues par une fausse culture peuvent sentir dans le destin qui les accable le poids du drame; elles se complaisent dans l’étalage du drame, et poussent ce sentiment jusqu’à mettre du drame jusque dans les plus petits incidents de leur vie.
- Sur ce qu’il vient d’écrire dans la journée, il a des peurs nocturnes. La nuit, fantastiquement, ramène tout à l’imaginaire de l’écriture : l’image du produit, le potin critique (ou amical) : c’est trop ceci, c’est trop cela, ce n’est pas assez... La nuit, les adjectifs reviennent, en masse.
- Le jour approche, de l’anniversaire de la mort de mam. J’ai peur, de plus en plus, comme si ce jour-là (25 octobre) elle devait mourir une seconde fois.
- Ce que la photographie reproduit à l’infini n’a lieu qu’une fois.
- La photographie n’est jamais qu’un chant alterné de "Voyez", "Vois", "Voici"; elle pointe du doigt un certain vis-à-vis, et ne peut sortir de ce pur langage déïctique.
- Il y a dans la mise en scène d’un bon repas autre chose que l’exercice d’un code mondain; il rôde autour de la table une vague pulsion scopique : on regarde (on guette ?) sur l’autre les effets de la nourriture.
- Le livre fait le sens, le sens fait la vie.
- Aimer, c’est se tromper ensemble, mais avec enthousiasme.
- Le haïku a cette propriété quelque peu fantasmagorique, que l’on s’imagine toujours pouvoir en faire facilement.
- Ce que le public réclame, c’est l’image de la passion, non la passion elle-même.
- Fou n’y puis, sain n’y daigne, névrosé je suis.
- Tout anti-intellectualisme finit ainsi dans la mort du langage, c’est-à-dire dans la destruction de la sociabilité.
- Il me vient alors cette exaltation d’aimer à fond quelqu’un d’inconnu, et qui le reste à jamais : mouvement mystique : j’accède à la connaissance de l’inconnaissance.
- Toute l’histoire repose, en dernière instance, sur le corps humain.
- Pendant que l’autre parle, j’écoute complètement, en état de conscience totale; ... C’est la pureté de cette écoute qui m’est douloureuse.
- La photographie littérale introduit au scandale de l’horreur, non à l’horreur elle-même.
- Il semble parfois au sujet amoureux qu’il est possédé par un démon de langage qui le pousse à se blesser lui-même et à s’expulser - selon un mot de Goethe - du paradis que, dans d’autres moments, la relation amoureuse constitue pour lui.
- On dit que le judo contient une part secrète de symbolique; même dans l’efficience, il s’agit de gestes retenus, précis mais courts, dessinés juste mais d’un trait sans volume.
- Pour l’écrivain, la littérature est cette parole qui dit jusqu’à la mort : je ne commencerai pas à vivre avant de savoir quel est le sens de la vie.
- Je t’aime est dans mon cœur, mais je l’emprisonne derrière mes lèvres.
- En littérature, tout est ainsi donné à comprendre, et pourtant, comme dans notre vie même, il n’y a pour finir rien à comprendre.
- La politesse vaut mieux que la sincérité, car la politesse fait toujours confiance à l’intelligence d’autrui.
- Ce que cache mon langage, mon corps le dit. Mon corps est un enfant entêté, mon langage est un adulte très civilisé...
- L’endroit le plus érotique d’un corps n’est-il pas là où le vêtement bâille ?
- La liberté du critique, ce n’est pas de refuser le parti, c’est de l’afficher ou non.