Toute l’histoire repose, en dernière instance, sur le corps humain.
Écrivain, 1915-1980Toute l’histoire repose, en dernière instance, sur le corps humain.
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Source secondaire
Michelet par lui-même (1954), p. 80
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Le corps est la source de l’horreur chez les êtres humains. C’est le corps qui vieillit ; c’est le corps qui meurt.
Le déni de l’anatomie et du corps comme destin ne date pas d’hier. Il fut bien plus virulent dans toutes les sociétés antérieures à la nôtre. Ritualiser, cérémonialiser, affubler, masquer, mutiler, dessiner, torturer – pour séduire : séduire les dieux, séduire les esprits, séduire les morts. Le corps est le premier grand support de cette gigantesque entreprise de séduction.
La civilisation implique qu’on se souvienne des morts, mais il faut laisser chacun construire avec eux son propre rapport.
Nous localisons dans le corps d’une personne toutes les possibilités de sa vie, le souvenir des êtres qu’elle connaît et qu’elle vient de quitter, ou s’en va rejoindre.
La vieillesse est une tombe où pourrissent l’un sur l’autre nos cadavres d’enfant, d’adolescent et d’homme.
Chaque corps est un port d’amertume.
Les maux du corps donnent l’idée de la mort, les peines de l’âme, celle de l’éternité !
Notre succession comble presque toujours le vide que fait notre mort dans le cœur de nos héritiers.
La vieillesse nous paraîtrait naturelle, si l’âme n’était que l’idée du corps.
Qui meurt de vieillesse est le dernier à en convenir.

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