La civilisation implique qu’on se souvienne des morts, mais il faut laisser chacun construire avec eux son propre rapport.
Attribution non vérifiée, l’œuvre d’origine n’a pas été retrouvée. Vous connaissez la source ?Comment nous vérifions
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Il n’y a qu’avec les gens avec qui nous créons la vie qu’on peut parler de la mort et anéantir les visions de destruction. Jusqu’à leurs souvenirs même.
Nous devons oublier nos morts en tant que morts, mais il nous est permis de suivre leur modèle et de perpétuer leurs œuvres, le reste n’est que simagrées.
Penser aux morts, c’est assurer la survie des gens qu’on a aimés, en attendant que d’autres le fassent pour vous. C’est un devoir de mémoire.
La mort, c’est un sommeil où l’individualité s’oublie.
Toute civilisation est hantée, visiblement ou invisiblement, par ce qu’elle pense de la mort.
Les morts ne meurent que s’ils meurent dans nos cœurs. Ils vivent si nous les chérissons, si nous honorons leur mémoire, si nous posons sur leurs tombes les mets qui de leur vivant ont eu leurs préférences, si à intervalles réguliers nous nous recueillons pour communier dans leur souvenir. (…) Quelques mots suffisent à les rameuter, pressant leurs corps invisibles contre les nôtres, impatients de se rendre utiles.
Depuis l’aube de la conscience jusqu’au milieu de notre siècle, l’homme a dû vivre avec la perspective de sa mort en tant qu’individu ; depuis Hiroshima, l’humanité dans son ensemble doit vivre avec la perspective de son extinction en tant qu’espèce biologique.
La civilisation, ici, n’est qu’une simple répétition de la mémoire et des mœurs.
Personne ne possède sa propre histoire. Quelqu’un d’autre peut arriver et s’en emparer, comme un coucou s’approprie un nid. Et les histoires ont une vie après la mort, aussi.
Toute l’histoire repose, en dernière instance, sur le corps humain.

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