Il n’y a qu’avec les gens avec qui nous créons la vie qu’on peut parler de la mort et anéantir les visions de destruction. Jusqu’à leurs souvenirs même.
Image : Il n’y a qu’avec les gens...

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- Personne ne possède sa propre histoire. Quelqu’un d’autre peut arriver et s’en emparer, comme un coucou s’approprie un nid. Et les histoires ont une vie après la mort, aussi.
- Nous devons oublier nos morts en tant que morts, mais il nous est permis de suivre leur modèle et de perpétuer leurs œuvres, le reste n’est que simagrées.
- Quand on lit le récit d’une vie "exemplaire" comme celle de Balzac, on arrive toujours au récit de la mort. A quoi bon ?
- Beaucoup n’ont pas vécu leur vie, espérant s’en tirer avec la mort d’autrui.
- La mort ne nous livre pas seulement aux vers, mais aussi aux hommes, ils rongent une mémoire, ils la décomposent.
- La mort, c’est un sommeil où l’individualité s’oublie.
- Une visite de condoléances, cela apprend à vivre, à se tenir. A oublier le mort. Eh oui, c’est comme ça ! Il faut oublier pour se souvenir.
- Les morts ne meurent que s’ils meurent dans nos cœurs. Ils vivent si nous les chérissons, si nous honorons leur mémoire, si nous posons sur leurs tombes les mets qui de leur vivant ont eu leurs préférences, si à intervalles réguliers nous nous recueillons pour communier dans leur souvenir. Quelques mots suffisent à les rameuter, pressant leurs corps invisibles contre les nôtres, impatients de se rendre utiles.
- Singulier monde, que celui du rêve ! Les pensées, les paroles intérieures, en dedans, se pressent, fourmillent. Tout ce petit monde se hâte de vivre avant le réveil, qui est sa fin, sa mort à lui.
- Nous ne comprenons ce qu’est la mort qu’en nous rappelant soudain la figure de quelqu’un qui n’aura été rien pour nous.
- L’une des plus grandes illusions consiste à oublier que la vie est captive de la mort.
- La civilisation implique qu’on se souvienne des morts, mais il faut laisser chacun construire avec eux son propre rapport.
- La mort prends les gros richards qui se la pètent, les petits marrants qui contrepètent, et même les qui-sont-bien -montés.
- L’humanité projette inconsciemment son désir de survivre dans la chimère des choses jamais connues, mais cette chimère ressemble à la mort.
- C’est le propre des gens normaux que de considérer la mort comme surgissant de l’extérieur, et non comme une fatalité inhérente à l’être. L’une des plus grandes illusions consiste à oublier que la vie est captive de la mort.