Quand on lit le récit d’une vie « exemplaire » comme celle de Balzac, on arrive toujours au récit de la mort. Ainsi, à quoi bon ?
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Quand on lit le récit d’une vie « exemplaire » comme celle de Balzac, on arrive toujours au récit de la mort. Ainsi, à quoi bon ?
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Journal, 1887-1910
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La mort est le compagnon fidèle de l’alpiniste. On y pense sans cesse, on la côtoie, il faut s’y habituer.
C’est ainsi : les choses qui arrivent dans la vie basculent tôt ou tard dans les livres. Elles y trouvent leur mort et un dernier éclat.
Nous ne comprenons ce qu’est la mort qu’en nous rappelant soudain la figure de quelqu’un qui n’aura été rien pour nous.
Je pense souvent à la mort.
Tout nous ramène à quelque idée de la mort, parce que cette idée est au fond de la vie.
Dans l’Histoire des temps la vie n’est qu’une ivresse, la Vérité c’est la Mort.
Ce sont les histoires qui donnent de la saveur à la vie.
Quand on est mort, on entre dans le vif du sujet, « vif » étant en l’occurence un mot malheureux.
Seul penser la mort apprend à vivre ; ce qui se lit aussi à l’envers : seul penser la vie apprend à mourir.
Faire son deuil, c’est lancer une poignée de vie dans les yeux de la mort. On sait qu’elle n’en sera aveuglée qu’un bref instant, mais cela nous fait du bien.

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