Biographie courte et informations sur Christian Bobin

Christian Bobin est né en 1951 au Creusot, dans une famille ouvrière. Dès son jeune âge, il trouve du réconfort dans les livres et s’intéresse à la philosophie. Il publie son premier roman en 1977. Peu à peu, il se fait connaître grâce à son style simple et poétique, notamment avec Une petite robe de fête en 1991. Son roman Le Très-Bas, qui parle de François d’Assise, reçoit un prix littéraire en 1993. Bobin écrit sur la beauté des choses simples et sur la foi. Il aime écrire des textes courts et préfère rester loin du monde littéraire. Christian Bobin est décédé en 2022, alors qu’il venait de commencer un nouveau roman.
- Bien peu de gens savent aimer, parce que bien peu savent tout perdre.
- La bête qui ronge leur conscience leur en laisse assez pour qu’ils connaissent, par instants, l’horreur d’être là.
- Les mères par leurs soins élémentaires fleurissent les abîmes. Si il y a encore des lions, des étoiles et des saints c’est parce qu’une femme épuisée pose un plat sur la table à midi.
- Qu’est-ce qui distingue les anges de nous ? Leur très grand naturel. - Comment s’appelle le chien qui mord son maître ? La gloire. - Qui rit après sa mort ? La pluie dans le feuillage.
- Il nous manque d’aller dans notre vie comme si nous n’y étions plus, avec cette souplesse du chat entre les hautes herbes, ou avec ce fin sourire de l’amoureuse devant son coeur cambriolé.
- Le bon chemin pour les enfants n’est jamais le chemin des parents, jamais.
- J’ai entrevu assez du paradis pour comprendre qu’il peut être partout.
- La beauté a puissance de résurrection. Il suffit de voir et d’entendre. C’est par distraction que nous n’entrons pas au paradis de notre vivant, uniquement par distraction.
- La parole doit venir à certains moments, mais ce qui instruit et ce qui donne c’est la présence. C’est elle qui est silencieusement agissante.
- Dans le chant, la voix se quitte : c’est toujours une absence que l’on chante. Le temps de chanter est la claire confusion de ces deux saisons dans la vie : l’excès et le défaut. Le comble et la perte.
- L’émerveillement n’est pas l’oubli de la mort, mais la capacité de la contempler comme tout le reste, comme l’amer et le sombre : dans la brûlure d’une première fois, dans la fraîcheur d’une connaissance sans précédent.
- Il n’y a dans une vie que quatre ou cinq évènements fondateurs, quatre ou cinq jaillissements de l’absolu. Ton sourire est un de ces évènements qui enflamment la nuit où je m’en vais confiant.
- La beauté vient de l’amour comme le jour vient du soleil.
- L’âme un linge frais de soleil, amoureusement plié.
- Le sourire est la seule preuve de notre passage sur terre.
- L’amour ne va qu’avec la liberté. La liberté ne va qu’avec l’amour.
- Pourquoi aimons-nous tant les feuilles mortes alors qu’elles sont le signe de notre fin, sinon parce que nous avons profondément besoin d’être menés loin du monde ?
- L’amour n’est pas mesurable à ce qu’il fait. L’amour vient sans raison, sans mesure, et il repart de même.
- Quand on aime quelqu’un, on a toujours quelque chose à lui dire ou à lui écrire, jusqu’à la fin des temps.
- C’est facile de mener plusieurs vies. Il suffit de n’en avoir aucune à soi.
- Finalement je n’aime pas la sagesse. Elle imite trop la mort. Je préfère la folie – pas celle que l’on subit, mais celle avec laquelle on danse.
- Voir, entendre, aimer. La vie est un cadeau dont je défais les ficelles chaque matin, au réveil.
- Toute histoire à une fin, mais dans la vie, chaque fin annonce un nouveau départ.
- La vie écrit au crayon. La mort passe la gomme. Le poème se souvient. Personne n’a meilleure mémoire qu’un poème.
- La liberté demande un creusement, c’est une matière amoureuse et sauvage. Elle jaillit certes comme une source mais après un long temps de cheminement souterrain.
- Les morts, on sait où ils vont, mais les vivants ? Leur éloignement est plus mystérieux que celui des morts.
- Je veux passer ma vie à lire des poèmes en attendant que le grand Poète me cueille.
- Je m’endors en pensant comme chaque soir que le plus beau est à venir.
- J’ai une joie profonde à traverser les épaisseurs de grisaille, la dureté que le monde met sur certains visages à la fin d’une vie. J’éprouve une joie profonde à enlever tous ces voiles et à voir, soudain, deux yeux qui brûlent dans l’ombre.
- Le temps passé dans l’amour n’est pas du temps, mais de la lumière.
- Il n’y a jamais plus de deux personnes dans une histoire. Il n’y a jamais plus d’un seul amour dans la vie.
- Les grands poèmes se reconnaissent au sourire donné quand on les lit.
- Si je cherche à formuler ce que j’aime en toi, je dirais que c’est ta liberté - c’est-à-dire ce point de ton coeur où tu devenais à toi-même imprévisible.
- La vie réussit à nous trouver quand plus personne ne sait où nous sommes, pas même nous. Si loin que nous soyons, elle se fraye un passage. Si grande soit notre volonté de l’éviter, de la fuir dans un travail, dans un devoir, dans un sérieux - elle arrive, têtue, se moquant gentiment de nous, de la naïveté de nos projets, de la sagesse de nos calendriers.
- Il ne faut jamais faire de littérature, il faut écrire et ce n’est pas pareil.
- L’amour est l’éveil chaque fois réinventé, chaque fois une première fois.
- C’est une chose étrange que l’absence. Elle contient tout autant d’infini que la présence. J’ai appris cela dans l’attente, j’ai appris à aimer les heures creuses, les heures vides : c’est si beau d’attendre celle que l’on aime.
- Un tête-à-tête permanent avec Dieu, dans cette vie, serait accablant. Il faut à l’amour un peu d’absence.
- L’oeuvre est achevée quand l’artiste est, devant elle, rendu à sa solitude complète.
- La fin de la guerre c’est la maîtrise d’un bout de terre, la reconnaissance d’un seul maître.