Biographie courte et informations sur André Comte-Sponville
André Comte-Sponville est né en 1952 à Paris, dans une famille lorraine. Après une enfance difficile, il étudie la philosophie à l’École normale supérieure. Il devient agrégé en 1975 et enseigne en lycées avant d’intégrer l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne en 1984. Il soutient sa thèse sous la direction de Marcel Conche en 1983. Sa notoriété grandit avec la publication en 1995 de son « Petit Traité des grandes vertus ». En 1999, il quitte l’enseignement universitaire pour se consacrer à l’écriture et aux conférences. Philosophe athée et humaniste, il s’intéresse à l’éthique et au matérialisme. Il participe aussi au Comité consultatif national d’éthique de 2008 à 2016.
- La peur du gendarme est le contraire de la vertu, ou ce n’est vertu que prudence.
- Toute la dignité de l’homme est dans la pensée; toute la dignité de la pensée est dans la mémoire.
- Quand la loi est injuste, il est juste de la combattre - et il peut être juste, parfois, de la violer. Justice d’Antigone, contre celle de Créon. Des résistants, contre celle de Vichy. Des justes, contre celle des juristes.
- Pour dire la chose très simplement, cette sagesse du désespoir que j’évoque, ce gai désespoir, consiste en une démarche très simple : il s’agit d’espérer un peu moins, et d’aimer un peu plus.
- La générosité est à la fois conscience de sa propre liberté et ferme résolution d’en bien user. Conscience et confiance, donc : conscience d’être libre, confiance en l’usage qu’on en fera. C’est pourquoi la générosité produit l’estime de soi.
- Sans doute, et spécialement pour un athée, le courage face à la mort est le courage des courages : parce que le moi n’y peut trouver aucune gratification concrète ou positive.
- Les livres n’ont pas d’importance : il n’y a que la vie qui importe, et seuls méritent d’être lus les livres qui se mettent à son service - seuls méritent d’être lus, en conséquence, les auteurs qui savent que les livres n’ont pas d’importance !
- Rien n’est pur ou impur de soi. La même salive fait le crachat ou le baiser; le même désir fait le viol ou l’amour. Ce n’est pas le sexe qui est impur : c’est la force, la contrainte.
- La tempérance - comme la prudence, et comme toutes les vertus peut-être - relève donc de l’art de jouir : c’est un travail du désir sur lui-même, du vivant sur lui-même. Elle ne vise pas à dépasser nos limites, mais à les respecter.
- Nous n’avons besoin de morale que faute d’amour.
- La liberté de l’esprit est le seul bien, peut-être, qui soit plus précieux que la paix. C’est que la paix, sans elle, n’est que servitude.
- La solitude, pour qui la vit sans mentir, me révèle mon néant, m’enseigne ma vanité, le vide en moi de ma présence.
- Qu’est-ce qui nous manque pour être heureux, quand on a tout pour l’être et qu’on ne l’est pas ? Il nous manque la sagesse.
- Comment n’aimerait-on pas l’argent ? Il faudrait n’aimer rien, puisque l’argent mène à tout.
- La science - toute science - est sans conscience ni limites.
- L’homme n’est pas Dieu. Faisons au moins en sorte, et l’on n’en a jamais fini, qu’il soit a peu près humain.