Biographie courte et informations sur Albert Jacquard
Albert Jacquard est né le 23 décembre 1925 à Lyon. Il est décédé le 11 septembre 2013 à Paris. De nationalité française, il a travaillé principalement comme biologiste et généticien. Il a été directeur de recherches à l’Institut national d’études démographiques. Il a aussi enseigné à l’université et participé au Comité consultatif national d’éthique. Jacquard a publié plusieurs livres pour expliquer la science au grand public. Il a animé une chronique quotidienne à la radio France Culture pendant neuf ans. Engagé dans des causes sociales, il a soutenu les droits des personnes handicapées et les mouvements en faveur de l’environnement. Il a reçu plusieurs distinctions dont la Légion d’honneur.
- On ne peut pas dire d’une oeuvre d’art qu’elle soit inutile; elle est un moyen de communication entre celui qui l’a crée et celui qui l’admire; elle répond donc au besoin humain le plus spécifique : mettre en commun.
- L’oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l’excès de travail est le père de toutes les soumissions.
- Comprendre ne peut être qu’une longue construction; dire que l’on n’a pas compris, c’est faire preuve d’une vive intelligence. Comprendre qu’on n’a pas compris, c’est ce qu’il y a de plus difficile à admettre.
- Idéalement, la civilisation devrait être imposée par une majorité enthousiaste à une minorité provisoirement sceptique.
- Il ne s’agit pas de refuser l’autorité du pouvoir, nous sommes par bonheur en démocratie, mais d’intervenir au quotidien, au difficile équilibre entre le désordre et les excès de l’ordre.
- Ce qu’exprime le racisme est essentiellement un mépris; mépris envers telle personne justifié, non par ses caractéristiques, mais par son appartenance à un groupe : l’origine de ce mépris est une absence de confiance en soi; son aboutissement est une destruction de soi-même.
- Les maths sont ce qu’il y a de plus facile à comprendre. Sauf pathologie mentale profonde, tout le monde est bon en maths. Mais pour des raisons que les psychologues pourraient sans doute élucider, certains jeunes décident qu’ils ne sont pas bons. Je crois que la principale responsabilité réside dans la façon dont les mathématiques sont enseignées.
- Le risque est grand que l’on réfléchisse à l’éducation avec une mentalité d’ingénieur s’efforçant de produire des objets définis avec précision, ou avec un regard d’économiste, de comptable, s’efforçant de dégager la meilleure rentabilité.
- Pour mettre un terme définitif aux guerres, la seule issue est de développer l’art de la rencontre.
- L’obligation scolaire ne devrait pas être comprise comme imposant aux enfants d’aller à l’école, mais comme imposant à leur entourage, et en premier lieu à leur famille, de les aider à bénéficier de son enseignement.
- Le rôle de l’école est d’intégrer un petit d’homme dans la communauté humaine, de transformer un individu en une personne. Répétons-le : éduquer c’est é-ducere, c’est conduire un jeune hors de lui-même, le faire exister dans les échanges qu’il vit avec les autres.
- Manifester son bonheur est un devoir; être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible.
- Il est nécessaire que la morale d’un peuple soit décidée par le peuple lui-même; d’où le besoin d’une nouvelle forme de démocratie : la démocratie de l’éthique.
- Il faut savoir être citoyen, c’est-à-dire "faire de la politique". Certes, en faire c’est courir le risque de se tromper; mais ne pas en faire c’est être sûr de se tromper.
- Ce qui donne sens à la vie est la cause que l’on s’efforce de défendre, le chemin que l’on tente de défricher. L’exigence de rigueur fait partie des attitudes qui valorisent ce cheminement.
- La conscience morale, comme tout ce qui constitue notre personne, ne peut avoir pour source que la culture.
- Le « surhomme » n’est pas celui qui est très fort ou très puissant. Le surhomme, c’est l’ensemble des hommes.
- À partir du moment où l’on estime qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les hommes, on ne peut accepter que les conditions de vie de certains soient misérables.