Biographie courte et informations sur Alain Bosquet
Né à Odessa le 28 mars 1919, Alain Bosquet, de son vrai nom Anatoliy Bisk, a grandi entre la Russie et la Belgique. Il a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale dans plusieurs armées avant de s’installer en France. Poète et écrivain, il a publié de nombreux recueils et romans, notamment Langue morte et La Confession mexicaine. Professeur et directeur littéraire, il a aussi contribué à plusieurs journaux. Naturalisé français en 1980, il a rejoint l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Alain Bosquet est décédé à Paris le 17 mars 1998 et repose au cimetière de Montmartre.
- Chère amie, ce matin le lac a votre peau, et la montagne votre chair. L’absence ajoute comme un poumon à nos tendresses. La cigogne ressemble, en repliant une aile, à votre bras lorsqu’il étouffe un peu d’azur...
- Ne parle pas d’aimer; ton ventre, je le mords. Mon poème trop plein, c’est en toi qu’il se vide. Moite femelle, en toi j’apprends que je suis mort, epanoui comme un volcan qui se suicide.
- Je connais ma leçon; je dois dire : « J’existe ». Même si le pollen a remplacé mon coeur. Qui craint la mort ? La mort ne saurait être triste; Grâce à elle ma peau se couvrira de fleurs.
- Je suis obéissant; je dois servir les hommes. Le courage me manque, et je m’y prends si mal ! Effacez-moi, je vous l’ai dit, d’un coup de gomme, o dédain du silex, ô mépris végétal !
- Dieu me demande une faveur : l’accompagner au bord du lac, là où la foi n’est pas utile. Nous nous taisons, respectueux et résignés. Bientôt est apparue, vivace et blanche, une île.
- J’ai plusieurs vies. Dans la meilleure, comète entre les crocs, je suis serpent. Et dans les autres, suivant l’heure. Fétiche en or, dieu qui se pend.
- Dieu : mille questions, aucune réponse.
- Faisons l’amour. Nos deux cerveaux seront genoux. Femme, ouvre-toi, que je m’accroche à ton squelette. Mêlons nos chairs. Si mes poèmes sont jaloux, egorgeons-les; ce n’est pas moi qui les regrette.
- Qu’entre l’erreur et le mensonge. Car je confonds la vie, la mort, l’inexistence qui me rongent. Oh, naître enfin ! Tirage au sort.
- Je suis seul, je suis seul, c’est l’heure des tempêtes. Les mots à qui je parle ont peur de me parler. La nuit m’entoure, je m’accroche à ma planète. Le Sud est-il au Nord ? Mon étoile a coulé.