Chère amie, ce matin le lac a votre peau, et la montagne votre chair. L’absence ajoute comme un poumon à nos tendresses. La cigogne ressemble, en repliant une aile, à votre bras lorsqu’il étouffe un peu d’azur...
Image : Chère amie, ce matin le lac...

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- Dieu me demande une faveur : l’accompagner au bord du lac, là où la foi n’est pas utile. Nous nous taisons, respectueux et résignés. Bientôt est apparue, vivace et blanche, une île.
- Je suis seul, je suis seul, c’est l’heure des tempêtes. Les mots à qui je parle ont peur de me parler. La nuit m’entoure, je m’accroche à ma planète. Le Sud est-il au Nord ? Mon étoile a coulé.
- Faisons l’amour. Nos deux cerveaux seront genoux. Femme, ouvre-toi, que je m’accroche à ton squelette. Mêlons nos chairs. Si mes poèmes sont jaloux, egorgeons-les; ce n’est pas moi qui les regrette.
- L’absence est à l’amour ce qu’est au feu le vent : il éteint le petit, il allume le grand.
- Il faut croire aux étoiles Tes angoisses et tes tourments Ne sont qu’un grain de sable Qu’une larme dans l’océan.
- L’eau a rêvé de toi, soleil, en ton absence.
- Tiens, c’est vite passé - La pluie viens de cesser - Seule sur ton nez - il y a encore chérie, - une petite goutte de pluie.
- La pluie montre ses dents, exige la lumière Mon envie de crier, comme un doigt qu’on déplie, tire, tire les fils du nez de la mercière Qui maigrit mais qui tourne, embobinant la pluie.
- Tu fais du bien au méchant; n’en espère aucun retour : c’est semer sur les vagues de l’Océan tourmenté. On ne voit jamais ni les jaunes moissons s’élever sur les vagues de la mer, ni la reconnaissance naître dans le coeur du méchant.
- La soupe aux choux mon blaise, ça parfume jusqu’au trognon. Ca fait du bien partout où qu’elle passe dans les boyaux. Ca tient au corps. Ca vous fais même des gentillesses dans la tête. Tu veux qu’chti dise, ça rend meilleur.
- J’entreprends ce voyage pour être loin de l’hideuse face humaine ! Enfin, pouvoir durant 15 jours se recueillir sur la face grave de l’océan ! Son visage attristé est le mien. Ce flot horrible qui déferle, mon amertume. Moi aussi j’ai mes abîmes.
- Sous le fardeau de ta paresse Ta tête d’enfant Se balance avec la mollesse D’un jeune éléphant, et ton corps se penche et s’allonge Comme un fin vaisseau Qui roule bord sur bord et plonge Ses vergues dans l’eau.
- Si tu peux marcher sur l’eau tu n’es pas plus habile qu’une paille. Si tu peux voler dans les airs tu n’es pas plus habile qu’une mouche. Conquiers ton coeur alors tu deviendras quelqu’un.
- Pourquoi nous disputer la montagne ou la plaine ? Notre tente est légère, un vent va l’enlever; La table où nous rompons le pain est encor pleine, que la mort, par nos noms, nous dit de nous lever !
- Mon corps est un champ de bataille, un désordre oublié dans ta présence. Mon tout-petit je t’étreins dans une larme. Ta naissance est une montagne, un gouffre.