Dieu me demande une faveur : l’accompagner au bord du lac, là où la foi n’est pas utile. Nous nous taisons, respectueux et résignés. Bientôt est apparue, vivace et blanche, une île.
Écrivain, 1919-1998Dieu me demande une faveur : l’accompagner au bord du lac, là où la foi n’est pas utile. Nous nous taisons, respectueux et résignés. Bientôt est apparue, vivace et blanche, une île.
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Stances perdues = Lost quatrains
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Vainement un dieu, dans sa prévoyance, mit entre les terres, pour les désunir, la barrière de l’Océan, puisque, malgré tout, des esquifs impies franchissent de leurs bonds l’étendue inviolable des eaux.
Celui qui communie se perd en Dieu comme une goutte d’eau dans l’océan, on ne peut plus les séparer.
Naître, c’est faire naufrage sur une île.
Comme j’aimerais qu’il existe une île peuplée uniquement d’hommes sages et de bonne volonté ! On m’y verrait devenir – moi aussi ! – un fervent patriote.
Se passer de Dieu… Je veux dire : se passer de l’idée de Dieu, de la croyance en une Providence attentive, tutélaire et rémunératrice… N’y parvient pas qui veut.
Au lieu d’aborder des îles, je vogue donc vers ce large où ne parvient que le bruit solitaire du cœur, pareil à celui du ressac. Rien ne dépérit, c’est moi qui m’éloigne, rassurons-nous. Le large, mais non le désert.
C’est bien en vain que, par l’orgueil séduits,
Huet, Calmet, dans leur savante audace,
Du paradis ont recherché la place :
Le paradis terrestre est où je suis.
Homère est l’océan et le ciel de toute poésie et de toute beauté. Ce n’est pas un Homme ; c’est le dieu et le temple des héros.
Les âmes sont des navires dont Dieu est le capitaine. Il leur faut de l’intrépidité pour courir les aventures qu’il leur propose.
De grand seigneur, grand fleuve, et grand chemin Fuis, si tu peux, d’être voisin.

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