Pourquoi nous disputer la montagne ou la plaine ? Notre tente est légère, un vent va l’enlever; La table où nous rompons le pain est encor pleine, que la mort, par nos noms, nous dit de nous lever !
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- Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne, au coucher du soleil, tristement je m’assieds; Je promène au hasard mes regards sur la plaine, dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.
- Naître avec le printemps, mourir avec les roses : - Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur; - Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses, - S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur; -... - Voilà du papillon le destin enchanté.
- Quand vous êtes mort et que quelqu’un crie "Debout là-dedans, c’est l’heure de se lever", c’est difficile d’enfiler ses pantoufles.
- Pourquoi aimons-nous tant les feuilles mortes alors qu’elles sont le signe de notre fin, sinon parce que nous avons profondément besoin d’être menés loin du monde ?
- C’est bon de mourir pour quelque chose. De se dire qu’on est un petit grain de sable, c’est tout, mais qu’à force de mettre des grains de sable dans la machine, un jour, elle grincera et elle s’arrêtera.
- Rigidité : prouve que l’on est mort ou que l’on est en vie avec envie !
- Un fou brame dans la nuit, qui bande comme un cerf, Ô mort je suis ce cerf, que dévorent les chiens, la mort éjacule en sang.
- Aussitôt fait que dit; le fidèle émoucheur Vous empoigne un pavé, le lance avec roideur, casse la tête à l’homme en écrasant la mouche, et non moins bon archer que mauvais raisonneur : Roide mort étendu sur la place il le couche.
- Ah ! Le toit de chaume aspire au repos ! Elle aspire au repos, la minime flamme dansante sur l’étang morne ! Il aspire au repos, l’esprit vigilant qui se débat dans la chair des hommes depuis le commencement du monde.
- Pitié pour la graine que le vent a jetée sur les pierres calcinées et qui meurt dans les tourments en serrant contre son coeur un message inentendu ! Pitié pour la semence qui vient de tomber sur la terre grasse, et qui n’en a pas fini avec ce monde incohérent !
- La mort n’est pas l’ultime vérité. - Elle nous paraît noire, - de même que le ciel nous paraît bleu, - mais elle ne noircit pas plus l’existence - que l’azur céleste ne tâche les ailes de l’oiseau.
- Lorsque chaque chose est pleinement vécue jusqu’au bout, il n’y a pas de mort ni de regrets, pas plus qu’il n’y a de faux printemps; chaque moment vécu fait s’ouvrir un horizon plus vaste et plus large, dont la seule issue est la vie.
- Mon corps est un champ de bataille, un désordre oublié dans ta présence. Mon tout-petit je t’étreins dans une larme. Ta naissance est une montagne, un gouffre.
- Chère amie, ce matin le lac a votre peau, et la montagne votre chair. L’absence ajoute comme un poumon à nos tendresses. La cigogne ressemble, en repliant une aile, à votre bras lorsqu’il étouffe un peu d’azur...