Pourquoi aimons-nous tant les feuilles mortes alors qu’elles sont le signe de notre fin, sinon parce que nous avons profondément besoin d’être menés loin du monde ?
Image : Pourquoi aimons-nous tant les feuilles mortes...

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- Les morts, on sait où ils vont, mais les vivants ? Leur éloignement est plus mystérieux que celui des morts.
- Le jour de notre mort traverse chaque jour de notre vie comme une eau plus sombre dans l’eau limpide, mais nous sommes trop agités pour le voir et saluer comme il convient notre prochaine disparition dans toutes présences du monde.
- Il nous manque d’aller dans notre vie comme si nous n’y étions plus, avec cette souplesse du chat entre les hautes herbes, ou avec ce fin sourire de l’amoureuse devant son coeur cambriolé.
- Quelle autre chose est le temps qu’une route précipitée qui nous conduit continuellement à la mort malgré nous.
- La mort n’est pas un train que chacun est libre de prendre ou de rater, un endroit auquel on a décidé tout à coup de ne pas se rendre. Il s’agit d’un train que personne ne peut manquer.
- La mort, c’est avec le temps qu’elle nous écrase, nous les survivants.
- C’était donc ça, la mort. Quand les mouches se posent sur nous et qu’on ne peut plus les chasser.
- Notre existence est un point, notre durée un instant, notre globe un atome. A peine a-t-on commencé à s’instruire un peu que la mort arrive avant qu’on ait de l’expérience.
- Rien dans cette vie n’est vain. Rien dans cette vie ne dépend de nous. Cette vie nous est donnée, et avec elle nous est donnée bien plus que ce qui nous sera repris le jour de notre mort.
- Il nous manque d’aller dans notre vie comme si nous n’y étions plus...
- La vie réussit à nous trouver quand plus personne ne sait où nous sommes, pas même nous. Si loin que nous soyons, elle se fraye un passage. Si grande soit notre volonté de l’éviter, de la fuir dans un travail, dans un devoir, dans un sérieux - elle arrive, têtue, se moquant gentiment de nous, de la naïveté de nos projets, de la sagesse de nos calendriers.
- Notre amour de la vie est semblable au sentiment des vivants pour les disparus, nous savons qu’elle existe et nous l’aimons sans pouvoir l’étreindre...
- Ce n’est pas la mort qui nous prend ceux que nous aimons; elle nous les garde au contraire et les fixe dans leur jeunesse adorable : la mort est le sel de notre amour; c’est la vie qui dissout l’amour.
- Le jour où nous consentons à un peu de bonté est un jour que la mort ne pourra plus arracher au calendrier.
- La mort n’est pas une fin. C’est un commencement. Elle est à l’origine de toute chose : nous venons de la mort.