C’était donc ça, la mort. Quand les mouches se posent sur nous et qu’on ne peut plus les chasser.
ÉcrivainC’était donc ça, la mort. Quand les mouches se posent sur nous et qu’on ne peut plus les chasser.
ÉcrivainPartager sur
Source vérifiée
Les souvenirs
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Nous devons croire que tout a une cause, comme l’araignée tisse sa toile afin d’attraper des mouches, et le fait bien avant de savoir qu’en ce monde il existe des mouches.
La mort fauche sans cesse (la plante et l’insecte meurent à la fin de l’été, l’animal et l’homme au bout de quelques années), et pourtant les végétaux, les animaux, les insectes et les hommes continuent toujours d’exister, toujours « recommencés ».
Les insectes piquent, non par méchanceté, mais parce que, eux aussi, veulent vivre ; il en est de même des critiques ; ils veulent notre sang et non pas notre douleur.
La mort n’est pas l’ultime vérité.
Elle nous paraît noire, – de même que le ciel nous paraît bleu, – mais elle ne noircit pas plus l’existence – que l’azur céleste ne tâche les ailes de l’oiseau.
De là à croire que la mouche qui nous pique le front pendant notre sommeil est envoyée par Dieu lui-même pour nous réveiller de notre paresse, il n’y a pas loin.
La mort prends les gros richards qui se la pètent, les petits marrants qui contrepètent, et même les qui-sont-bien -montés.
Sans curiosité on meurt et sans courage on ne vit pas.
La pruderie qui survit, chez une femme, à la jeunesse et à la beauté, me semble un épouvantail pour les oiseaux, oublié dans les champs après la moisson.
La mort, mon Jacques, c’est avec le temps qu’elle nous écrase, nous, les survivants.
L’âne dit : Dieu m’a donné une queue pour taper les mouches mais j’aimerais avoir pas de queues et pas de mouches.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.