Biographie courte et informations sur Sylvain Tesson
Sylvain Tesson(né le 26 avril 1972 à Paris) est un écrivain-voyageur français passionné par les grands espaces, il a produit des récits comme Dans les forêts de Sibérie et La Panthère des neiges. Ces livres, couronnés par le Prix Goncourt de la nouvelle (2009) et le Prix Médicis (2011), reflètent une quête constante de liberté au contact de la nature sauvage. L'univers littéraire de Tesson transporte le lecteur des steppes d'Asie aux montagnes les plus reculées, avec une écriture à la fois poétique et vibrante.
- Le luxe n’est pas un état mais le passage d’une ligne, le seuil où, soudain, disparaît toute souffrance.
- Le dieu Odin redressa bien des Thor.
- Mariage : se mettre à deux pour éteindre l’incendie de l’amour.
- Le coup d’éponge de la nuit sur la mauvaise conscience.
- Jeanne d’Arc : tout feu, tout femme.
- Les lucioles jouent les mîtes. Elles trouent la toile de la nuit pour que le jour passe à travers.
- Je rêvais d’une presse quotidienne dévolue aux bêtes. Au lieu de : « Attaque meurtrière pendant le carnaval », on lirait dans les journaux : « Des chèvres bleues gagnent les Kunlun ». On y perdrait en angoisse, on y gagnerait en poésie.
- La Toponymie est la poésie des géographes.
- Un bois n’a jamais refusé l’asile. Les princes, eux, envoyaient leurs bûcherons pour abattre les bois. Pour administrer un pays, la règle est de le défricher. Dans un royaume en ordre, la forêt est le dernier bastion de liberté à tomber.
- Faut-il tuer Dieu mais se soumettre aux législateurs, ou bien vivre libre dans les bois en continuant à craindre les esprits ? L’autonomie pratique et matérielle ne semble pas une conquête moins noble que l’autonomie spirituelle et intellectuelle.
- Cherche coquillage pour relation durable», écrivait un rocher solitaire.
- Le silence, c’est le bruit que fait le temps en passant.
- Il me semblerait d’utilité publique qu’on engage un corps de lecteurs, payés par la Sécurité sociale, au chevet des convalescents.
- Le voyage est une fuite contre la routine, la monotonie, la familiarité, la soumission à la régulation du gouvernement collectif.
- Quand on se méfie de la pauvreté de sa vie intérieure, il faut emporter de bons livres.
- On dispose de tout ce qu’il faut lorsque l’on organise sa vie autour de l’idée de ne rien posséder.
- L'été, une légère brise nous apporte bien plus que de la fraîcheur. Elle nous apporte la vie.
- Le cigare et la vodka, compagnons idéaux de ces moments de repli. Aux pauvres gens solitaires, il ne reste que cela. Et les ligues hygiénistes voudraient interdire ces bienfaits ! Pour nous faire parvenir à la mort en bonne santé ?
- L’amour, c’est lorsqu’on convie l’autre à la table de sa solitude.
- Dans une vie, le feu roulant de la nouveauté brise les chaînes de la monotonie et donne aux jours leur puissance. L’énergie de l’existence se trouve contenue dans la propre incertitude de son déroulement.
- Chaque soir, la lumière de Hollande rase le paysage. Chaque matin, il repousse.
- Le champ de fleur est le tapis à prière du jardinier.
- Lac de Côme : l’Alpe blanchissante se regarde vieillir dans le miroir des eaux.
- Vingt mille kilomètres pour aller chercher l’été : l’impatience des sternes.
- A quoi rêve un sage endormi dans un champs d’herbes folles ?
- Une meute d’idéologues en charge de réformer l’école est parvenue en cinq décennies à saigner les études antiques. Selon eux, il serait élitiste d’apprendre les langues mortes.
- Ombellifères, le parapluie des cicindèles.
- Evaporation : la pluie se relève de sa chute.
- La pluie souffre-t-elle en tombant ?
- Ponctuation : les points d’exclamation de la pluie, la virgule des herbes, les points de suspension du brouillard, la parenthèse de midi, le point final du soir, l’alinéa de l’aube.
- Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux il me manque quelqu’un a qui l’expliquer.
- Devenir un manque à gagner devrait constituer l’objectif des révolutionnaires. Un repas de poisson grillé et de myrtilles cueillies dans la forêt est plus anti-étatique qu’une manifestation hérissée de drapeaux noirs.
- Les animaux ont peur du tonnerre comme les enfants d’une mère qui les gronde.