Le cigare et la vodka, compagnons idéaux de ces moments de repli. Aux pauvres gens solitaires, il ne reste que cela. Et les ligues hygiénistes voudraient interdire ces bienfaits ! Pour nous faire parvenir à la mort en bonne santé ?
Image : Le cigare et la vodka, compagnons...

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- Devenir un manque à gagner devrait constituer l’objectif des révolutionnaires. Un repas de poisson grillé et de myrtilles cueillies dans la forêt est plus anti-étatique qu’une manifestation hérissée de drapeaux noirs.
- Le luxe n’est pas un état mais le passage d’une ligne, le seuil où, soudain, disparaît toute souffrance.
- Quand on soutient que les gens les moins sensibles sont, à tout prendre, les plus heureux, je me rappelle le proverbe italien «Il vaut mieux être assis que debout, être couché qu’assis; mais il vaut mieux être mort que tout cela. ».
- L’argent, ça libère un peu de la mort et de la solitude...
- En ces années quatre-vingt, il fallait être mort pour ne pas avoir d’ambition. L’argent avait l’odeur agressive et prémerdeuse des déodorants pour toilettes.
- Cette vie d’ici-bas est un voile que la souffrance et la maladie rendent plus épais à certaines âmes, qui ne se soulève que par moments pour les organisations les plus solides, et que la mort déchire pour tous.
- La santé par-dessus tout l’emporte tellement sur les biens extérieurs qu’en vérité un mendiant bien portant est plus heureux qu’un roi malade.
- Deux amertumes passent inaperçues : la mort du pauvre et la crânerie du riche.
- Le jour où boire et fumer n’existeront plus, on lira sur les murs : Vivre est dangereux pour la santé, avec le numéro de la loi qui le décrète.
- Qu’est-ce qui pousse à l’ivrognerie ? La tristesse. Au vingtième siècle, tout le monde sera heureux. C’est le bonheur qui remplacera la vodka.
- Veux-tu que ta vie repose sur une voie solide ? - Veux-tu vivre affranchi de tout chagrin ? - Ne demeure pas un instant sans boire du vin.
- La seule hygiène de vie qui vaille, c’est l’excès, l’extrême. C’est se consumer avec panache en donnant tout de soi parce que cette Grande Guerre de Civilisation, cette boucherie du Vieux Monde nous tuera tous, sans discernement.
- Il faut peut-être plus de force d’âme encore pour résister à la solitude qu’à la misère; la misère avilit, la retraite déprave.
- Celui qui, selon nous, ne vaut pas une chandelle, le voici devenu indispensable à notre vie collective.
- Rien de tel que le tabac : c’est la passion des braves gens, et celui qui vit sans tabac ne mérite pas de vivre.