Le jour où boire et fumer n’existeront plus, on lira sur les murs : Vivre est dangereux pour la santé, avec le numéro de la loi qui le décrète.
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Le cigare et la vodka, compagnons idéaux de ces moments de repli. Aux pauvres gens, aux solitaires, il ne reste que cela. Et les ligues hygiénistes voudraient interdire ces bienfaits ! Pour nous faire parvenir à la mort en bonne santé ?
Tout n’est pas cirrhose dans la vie, comme dit l’alcoolique.
Une personne alcoolodépendante a, par définition, un besoin vital d’alcool. La crise de sevrage qui la guette peut mettre sa vie en danger.
La vie sans fumée est comme le fumet sans le rôti.
Dans ce pays qui est libre, il est rigoureusement interdit de puiser dans la mer un verre d’eau, de cultiver dix pieds de tabac, et pour un peu il y serait dangereux d’allumer un cigare au soleil avec une loupe.
La réalité est une illusion qui se produit en raison du manque d’alcool.
Etre en bonne santé, c’est pouvoir abuser de sa santé impunément.
Bien sûr, il y a des risques. Mais le risque, c’est ce qui épice la vie.
La seule hygiène de vie qui vaille, c’est l’excès, l’extrême. C’est se consumer avec panache en donnant tout de soi parce que cette Grande Guerre de Civilisation, cette boucherie du Vieux Monde nous tuera tous, sans discernement.
Une maladie soudaine et grave, qui nous montre tout à coup la mort possible, nous permet en même temps de lutter contre elle, tandis que l’hypocrite santé nous y entraîne, comme une fleuve mène vers la mer.

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