De là à croire que la mouche qui nous pique le front pendant notre sommeil est envoyée par Dieu lui-même pour nous réveiller de notre paresse, il n’y a pas loin.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons De là à croire que la mouche qui nous pique le front pendant notre sommeil est envoyée par Dieu lui-même pour nous réveiller de notre paresse, il n’y a pas loin.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Journal 1887-1910 (1887)
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Dieu a rendu le travail et le repos, comme le jour et la nuit, alternatifs pour l’homme : la rosée du sommeil, tombant à propos avec sa douce et assoupissante pesanteur, abaisse nos paupières.
Quand on est coquette, il faut être sage. L’oiseau de passage Qui vole à plein cœur Ne dort pas en l’air comme une hirondelle, et peut, d’un coup d’aile, briser une fleur.
Nous devons croire que tout a une cause, comme l’araignée tisse sa toile afin d’attraper des mouches, et le fait bien avant de savoir qu’en ce monde il existe des mouches.
La nuit, colombe a l’impression d’être la seule personne sur terre à ne pas perdre son temps à dormir, privilège auquel elle tient. Puis elle retourne se coucher dès que le jour se lève.
Comme symbole d’effronterie et d’impertinence, il faudrait prendre la mouche. Tandis que tous les animaux, en effet, craignent l’homme au-dessus de tout et le fuient déjà de loin, la mouche, elle, se pose sur son nez.
L’âne dit : Dieu m’a donné une queue pour taper les mouches mais j’aimerais avoir pas de queues et pas de mouches.
L’air frais des champs ; voilà notre vraie place ; il semble que là l’esprit de Dieu entoure l’homme de son souffle, et qu’il soit soumis à une influence divine.
C’était donc ça, la mort. Quand les mouches se posent sur nous et qu’on ne peut plus les chasser.
Dans nos cœurs, de ses feux, de ses flèches cruelles, de son souris malin l’Amour naît tout armé : Hélas ! De tant d’attraits à peine est-on charmé Qu’il médite déjà l’usage de ses ailes.
Elle lui toucha une joue puis l’autre, pour l’éveiller peu à peu, car pendant le sommeil, l’âme erre au-dessus de la terre et si le réveil du corps est trop brusque, l’âme égarée ne retrouve plus son chemin.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.