- Une résignation, non pas mystique ni détachée, mais une résignation en éveil, consciente et guidée par l’amour, est le seul de nos sentiments qui ne puisse jamais devenir un faux-semblant.
- Je n’aime pas le travail, nul ne l’aime; mais j’aime ce qui est dans le travail, l’occasion de se découvrir soi-même.
- Le cocher contempla les pièces d’argent qui, paraissant toutes menues sur sa grosse paume crasseuse, symbolisaient les résultats insignifiants qui récompense le courage et les labeurs ambitieux d’une humanité dont les jours sont courts sur notre terre de malheur.
- Le silence de la terre vous arrivait en plein jusqu’au coeur-son mystère, sa grandeur, la stupéfiante réalité de sa vie cachée.
- C’est tout de même extraordinaire que la conscience de l’Europe, qui a aboli il y a soixante-dix ans le trafic d’esclaves pour des motifs humanitaires, tolère aujourd’hui l’état du Congo. C’est un peu comme si la pendule de l’ordre moral avait été retardée de plusieurs heures.
- Je veux bien croire que nous avons tous un ange gardien, si vous m’accordez que chacun de nous possède aussi son démon familier.
- Croire en une source diabolique supernaturelle n’est pas nécessaire; les hommes sont capables de toutes ces méchancetés par eux-mêmes.
- La réalité est cachée, dieu merci !
- Etre femme est terriblement malaisé, puisque cela consiste surtout à avoir affaire aux hommes.
- C’était des conquérants, et, pour cela, on n’a besoin que de la force brute - il n’y a pas de quoi se vanter quand on l’a, puisque votre force n’est qu’un accident produit par la faiblesse d’autrui.
- L’art peut se définir comme la tentative d’un esprit résolu pour rendre le mieux possible justice à l’univers visible, en mettant en lumière la qualité, diverse et une, que recèle chacun de ses aspects.
- Comment tuer la peur, me demandé-je ? Comment toucher au fantôme, comment le prendre à sa gorge de fantôme ? C’est une entreprise dans laquelle on se précipite en rêve et dont on se félicite d’être sorti comme un chien trempé, les membres frissonnants.
- Mais savez-vous combien d’occasions j’ai laissé échapper; combien de rêves j’ai laissé se perdre, qui s’étaient trouvés sur mon chemin ? Il hocha la tête, plein de regret : « Je crois que certains d’entre eux auraient été très beaux - si je les avais forcés à se réaliser. ».
- Tu es un bon camarade et tes idées sont saines. Mais le drame dans tout ça, c’est que tu ne pourras plus trouver de travail nulle part désormais. Ces bourgeois vont conspirer pour te faire crever de faim. C’est leur façon de faire. N’attends aucune pitié des riches.
- La vie, c’est peut-être cela, un rêve terrifiant.