Mais savez-vous combien d’occasions j’ai laissé échapper; combien de rêves j’ai laissé se perdre, qui s’étaient trouvés sur mon chemin ? Il hocha la tête, plein de regret : « Je crois que certains d’entre eux auraient été très beaux - si je les avais forcés à se réaliser. ».
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- J’ai la même chose pour toi que j’ai pour moi : tout le regret de ce que j’ai pas bien fait et tout l’envie que ça me donne de ne jamais rien faire que je pourrais regretter. De la compassion.
- Le souvenir d’une certaine image n’est que le regret d’un certain instant.
- Il y a dans le monde une insondable mélancolie qu’on ne découvre que dans la solitude, à certaines minutes comme celles-là. Les hommes aiment à la tromper, mais elle est au fond de tout, et c’est le regret du paradis que nous avons perdu.
- Même éveillé, il garda ses rêves serrés contre lui. Ils lui rappelaient qui il était et ce qu’il voulait faire de sa vie. Ses rêves lui diraient quoi faire. Comment trouver sa place dans ce monde.
- J’ai dans ma vie fait des rêves qui sont restés à jamais gravés en moi et ont modifié ma façon de voir. Ils ont envahi tout mon être, comme une goutte de vin dans de l’eau, et altéré la couleur de mes pensées.
- Une seconde après ma mort, j’aurai oublié tous ces éléments qui ont fait ma vie. Cela n’empêche pas que, au cours de cette vie, l’itinéraire que j’aurai emprunté, les décisions que j’aurai prises importent.
- En supposant que j’étais malade, il m’était permis de croire que j’allais guérir, ce qui m’accordait un espoir de délivrance - espoir auquel je devais renoncer, si j’attribuais une réalité aux cauchemars embrouillés que je venais de traverser.
- Au réveil d’un doux rêve, on voudrait se rendormir pour le continuer; mais vainement on s’efforce d’en ressaisir les vagues traces, comme les plis de la robe d’une femme aimée disparaissant derrière une portière qu’on ne pourrait soulever.
- Mais l’homme s’était nourri si longtemps de ses rêves que, mis en face de la brutale réalité, il ne put se résoudre à les voir disparaitre sans tenter un dernier effort.
- Il brisa son image en déchirant mon coeur. - Me rapporterait-il ma douce imprévoyance, - Et le prisme charmant de l’inexpérience ? L’amour en s’envolant ne me l’a pas rendu; Ce qu’on donne à l’amour est à jamais perdu !
- Et avec quelle quantité d’illusions ai-je dû naître pour pouvoir en perdre une chaque jour !
- Ma propre vie échappait à mon contrôle, il m’entraînait là où il voulait, à son gré, et je ne pouvais plus que contempler de loin, comme en rêve, tout ce que j’avais vécu.
- Je ne veux pas dire par là que j’avais cessé de l’aimer, que je l’avais oubliée, que son image avait pâli; au contraire : elle m’habitait jour et nuit, comme une nostalgique silencieuse; je la désirais comme on désire des choses perdues à jamais.
- J’errais sans laisser transparaître l’errance, marchant d’un pas assuré, donnant toujours l’impression de poursuivre un but précis, de me diriger quelque part, si bien qu’il était impossible pour qui que ce soit de s’apercevoir de la mise à l’écart dont j’étais l’objet.
- Il est probable que la confiance totale que j’avais dans mes rêves empêchât que je ne me heurte aux aspérités de la réalité, et que c’est peut-être ainsi, de ne pas trop peser sur le monde des choses concrètes, que l’on force paradoxalement le destin.