En supposant que j’étais malade, il m’était permis de croire que j’allais guérir, ce qui m’accordait un espoir de délivrance - espoir auquel je devais renoncer, si j’attribuais une réalité aux cauchemars embrouillés que je venais de traverser.
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- Dès 1916, j’avais su décrocher la blessure heureuse. Une blessure pas assez grave pour m’empêcher de vivre, assez grave pour en faire accroire.
- Quand je regarde ma vie, je me dis que j’ai été sacrément chanceux d’accomplir tout cela. Je dois même me pincer plusieurs fois pour y croire.
- Il est très étonnant que je n’aie pas encore abandonné tous mes espoirs car ils paraissent absurdes et irréalisables. Pourtant je m’y accroche, malgré tout, car je continue à croire à la bonté innée de l’homme. Il m’est absolument impossible de tout construire sur une base de mort, de misère, de confusion.
- Il existe deux choses qui empêchent une personne de réaliser ses rêves : croire qu’ils sont irréalisables, ou bien, quand la roue du destin tourne à l’improviste, les voir se changer en possible au moment où l’on s’y attend le moins.
- Mais savez-vous combien d’occasions j’ai laissé échapper; combien de rêves j’ai laissé se perdre, qui s’étaient trouvés sur mon chemin ? Il hocha la tête, plein de regret : « Je crois que certains d’entre eux auraient été très beaux - si je les avais forcés à se réaliser. ».
- J’étais déterminé, les certitudes sont venues plus tard, quand j’ai pris conscience que j’avais certaines prédispositions.
- Cette indifférence, cette absence de peur jetèrent un pont fragile qui m’éloigna de la mort. La conscience qu’ici on n’allait pas me battre, car ici on ne battait pas, cette prise de conscience engendra de nouvelles forces et de nouveaux sentiments.
- Les miracles, ça n’arrive pas qu’aux autres. Ma folie est prête à gommer les blessures de la vie, à oser rêver l’impossible.
- Je rêvais peu dans ce temps-là, ou plutôt je croyais sentir que la faculté de rêver s’était transformée en moi. Il me semblait qu’elle avait passé des impressions du sommeil dans celles de la vie réelle.
- Qu’un cauchemar ne finisse pas, il devient votre réalité, et il faut bien faire avec. Que votre vie s’achève, elle n’était qu’un songe, et il faut bien ne plus faire avec.
- Il y a une étrange satisfaction à toucher le fond du désespoir; l’excès du malheur procure une espèce de sécurité, havre de grâce pour l’âme naufragée qui n’ose plus croire.
- J’étais libérée parce que ma plus grande peur avait été réalisée et j’avais encore une fille que j’adorais et j’avais une vieille machine à écrire et une grande idée. Et ainsi le fond de pierre est devenu une base solide sur laquelle j’ai reconstruit ma vie.
- J’ai un instinct de vie qui m’a sauvé, sinon j’aurais fini dans le caniveau.
- Il est probable que la confiance totale que j’avais dans mes rêves empêchât que je ne me heurte aux aspérités de la réalité, et que c’est peut-être ainsi, de ne pas trop peser sur le monde des choses concrètes, que l’on force paradoxalement le destin.
- J’ai dans ma vie fait des rêves qui sont restés à jamais gravés en moi et ont modifié ma façon de voir. Ils ont envahi tout mon être, comme une goutte de vin dans de l’eau, et altéré la couleur de mes pensées.