Il y a une étrange satisfaction à toucher le fond du désespoir ; l’excès du malheur procure une espèce de sécurité, havre de grâce pour l’âme naufragée qui n’ose plus croire.
Écrivain, 1900-1998Il y a une étrange satisfaction à toucher le fond du désespoir ; l’excès du malheur procure une espèce de sécurité, havre de grâce pour l’âme naufragée qui n’ose plus croire.
Écrivain, 1900-1998Partager sur
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Léviathan (1929)
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Le remords s’endort devant un destin prospère, et s’aigrit dans l’adversité.
Si la tristesse est si près de la fortune, pourquoi l’envie est-elle si loin de la pitié ?
Si la vertu ne suffit pas à assurer le bonheur, la méchanceté suffit à rendre malheureux.
On ne se tue point pour les douleurs de la goutte ; il n’y a guère que celles de l’âme qui produisent le désespoir.
C’est en résistant au malheur qu’on a une chance de gagner le bonheur.
Le bonheur d’une âme sensible est altéré par l’aspect de la plus légère souffrance, c’est pour elle le pli de rose du Sybarite.
D’où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre bonheur et notre confiance en détresse ?
Sur ses traits fins se lisait même une expression d’angoisse, comme si la griffe ancienne de la souffrance restait plantée dans ce bonheur trop neuf.
Le bonheur des méchants comme un torrent s’écoule.
Etre joyeux, c’est être un fou en liberté dans un monde de tristesse et de fantômes…

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