Biographie courte et informations sur Milan Kundera
Né le 1er avril 1929 à Brno, Milan Kundera grandit dans un milieu artistique, son père étant musicologue. Adhérent puis exclu du Parti communiste tchécoslovaque, il enseigna littérature et cinéma avant son exil en France en 1975. Devenu citoyen français en 1981, il écrivit d'abord en tchèque, puis exclusivement en français dès 1993. Romancier, essayiste et dramaturge, il explore les complexités humaines et la mémoire, recevant de nombreux prix littéraires internationaux jusqu’à son décès à Paris le 11 juillet 2023.
- Crois-moi, il n’est rien de plus beau que de réaliser des idées folles. Je voudrais que ma vie ne soit qu’une suite d’idées folles.
- Il est possible que nous ne soyons pas capables d’aimer précisément parce que nous désirons être aimés, parce que nous voulons que l’autre nous donne quelque chose, plutôt que de nous approcher de lui sans exigence et de ne vouloir que sa simple présence.
- On parle volontiers de coups de foudre; je ne suis que trop conscient de ce que l’amour tend à créer une légende de soi-même, à mythifier après coup ses commencements.
- La mort a un double aspect : elle est le non-être. Mais elle est aussi l’être, l’être atrocement matériel du cadavre.
- Que pouvons-nous demander de plus que d’être heureux un instant ?
- Depuis toujours, profondément, violemment, je déteste ceux qui veulent trouver dans une œuvre d’art une attitude (politique, philosophique, religieuse, etc.), au lieu d’y chercher une intention de connaître, de comprendre, de saisir tel ou tel aspect de la réalité.
- C’est toujours ce qui se passe dans la vie : on s’imagine jouer son rôle dans une certaine pièce, et l’on ne soupçonne pas qu’on vous a discrètement changé les décors, si bien que l’on doit, sans s’en douter, se produire dans un autre spectacle.
- Il n’est rien comme la jalousie pour absorber un être humain tout entier.
- L’homme ne peut jamais savoir ce qu’il faut vouloir car il n’a qu’une vie et il ne peut la comparer à des vies antérieures ni la rectifier dans des vies ultérieures.
- Ne pouvoir vivre qu’une vie, c’est comme ne pas vivre du tout.
- Aujourd’hui on peut faire de la musique avec des ordinateurs, mais l’ordinateur a toujours existé dans la tête des compositeurs.
- Vivre dans un monde où nul n’est pardonné, où la rédemption est refusée, c’est comme vivre en enfer.
- Pour qu’un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s’y rejoignent dès le premier instant comme les oiseaux sur les épaules de saint François d’Assise.
- L’ignorance vient du fait d’avoir réponse à tout. L’intelligence vient du fait d’avoir une question pour tout.
- Ce ne sont pas les ennemis, mais les amis qui condamnent l’homme à la solitude.
- La solitude : douce absence de regards.
- Qu’est-ce que la beauté ? Dit Franz et il pensa tout à coup à un vernissage auquel il avait dû récemment assister aux côtés de sa femme. La vanité infinie des discours et des mots, la vanité de la culture, la vanité de l’art.
- La littérature n’a aucun rapport avec la réalité, la littérature, elle parle de l’existence.
- La culture est basée sur l’individu, les médias mènent vers l’uniformité; la culture éclaire la complexité des choses, les médias les simplifient.
- Entre une femme qui est convaincue d’être unique, et les femmes qui ont revêtu le linceul de l’universelle destinée féminine, il n’y a pas de conciliation possible.
- On a tous tendance à voir dans la force un coupable et dans la faiblesse une innocente victime.
- L’érotisme n’est pas seulement désir du corps, mais, dans une égale mesure, désir d’honneur. Un partenaire que nous avons eu, qui tient à nous et qui nous aime, devient notre miroir, il est la mesure de notre importance et de notre mérite.
- Il faut avoir au moins une certitude : celle de rester maître de sa mort et de pouvoir en choisir l’heure et le moyen.
- La musique c’est la négation des phrases, la musique c’est l’anti-mot !
- La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie.
- En politique, le monde est blanc ou noir. Il n’y a aucune place pour l’ambiguïté, la contradiction, le paradoxe.
- Le droit intangible du romancier, c’est de pouvoir retravailler son roman.
- La jalousie possède l’étonnant pouvoir d’éclairer l’être unique d’intenses rayons et de maintenir les autres hommes dans une totale obscurité.
- La mémoire du dégoût est plus grande que la mémoire de la tendresse !
- Le sens de l’histoire d’un art est opposé à celui de l’Histoire tout court. Par son caractère personnel, l’histoire d’un art est une vengeance de l’homme sur l’impersonnalité de l’Histoire de l’humanité.
- L’érotisme, commercialement, est une chose ambiguë car si tout le monde convoite la vie érotique, tout le monde aussi la hait comme la cause de ses malheurs, de ses frustrations, de ses envies, de ses complexes, de ses souffrances.
- L’amour physique est impensable sans violence.
- Toute la vie de l’homme parmi ses semblables n’est rien d’autre qu’un combat pour s’emparer de l’oreille d’autrui.
- Les extrêmes manquent la frontière au-delà de laquelle la vie prend fin, et la passion de l’extrémisme, en art comme en politique, est désir de mort déguisé.
- L’histoire de l’art est périssable. Le babillage de l’art est éternel.
- Car être courageux dans l’isolement, sans témoins, sans l’assentiment des autres, face à face avec soi-même, cela requiert une grande fierté et beaucoup de force.
- Si l’on n’était responsable que des choses dont on a conscience, les imbéciles seraient d’avance absous de toute faute.
- Il n’est rien de plus lourd que la compassion. Même notre propre douleur n’est pas aussi lourde que la douleur consentie avec un autre, pour un autre, à la place d’un autre, multiplié par l’imagination, prolongée dans des centaines d’échos.
- Le plus grand malheur de l’homme, c’est un mariage heureux. Aucun espoir de divorce.
- L’incroyable capacité humaine à remodeler le réel à l’image de son idéal...
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