On a tous tendance à voir dans la force un coupable et dans la faiblesse une innocente victime.
Romancier, 1929-2023 Image : Elisa Cabot, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons On a tous tendance à voir dans la force un coupable et dans la faiblesse une innocente victime.
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L'insoutenable légèreté de l'être
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À force d’être juste, on est souvent coupable.
Celui qui doit passer sa vie sous un tyran, même s’il est innocent, est souvent frappé comme coupable.
Une victime, c’est un peu le contraire d’un rebelle. On n’aime pas entendre parler des victimes. Elles sont le miroir d’une mauvaise conscience, leur douleur est gênante, et leur cri insupportable.
L’impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d’autrui.
Vous pensiez qu’une cause qui n’est défendue que par la violence, le mensonge et la calomnie fait ainsi l’aveu de sa propre faiblesse, et vous aviez raison — mais vous n’imaginiez pas le pouvoir de la faiblesse, de l’humiliation, du ressentiment et des peurs abjectes.
C’est le lot des innocents que d’être soupçonnés par la justice et celui des fripouilles que de courir en liberté.
On se cache et l’on ment. N’ayant pu prévenir le vice, nous voici déjà dans le cas de le punir : voilà les misères de la vie humaine, qui commencent avec ses erreurs.
Quand une seule victime ne peut obtenir justice, chacun doit s’attendre à être le premier à subir ensuite ces outrages.
La défaite commence à partir du moment où l’adversaire parvient à vous faire douter de vous-même jusqu’à ce que vous vous sentiez coupable et soyez prêt à agir selon sa volonté, à vous plier à ses exigences.
Il se commettrait peu de crimes, si les témoins de l’injustice n’en étaient pas moins indignés que les malheureux qui en sont les victimes.

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