La mort a un double aspect : elle est le non-être. Mais elle est aussi l’être, l’être atrocement matériel du cadavre.
Romancier, 1929-2023 Image : Elisa Cabot, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons La mort a un double aspect : elle est le non-être. Mais elle est aussi l’être, l’être atrocement matériel du cadavre.
Romancier, 1929-2023 Image : Elisa Cabot, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons Partager sur
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Le livre du rire et de l'oubli
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La mort n’est que la mort ; on ne signifie rien par sa mort mais on la subit.
L’idée qu’on mourra est plus cruelle que mourir, mais moins que l’idée qu’un autre est mort.
La mort n’est rien pour nous, car tout bien et tout mal résident dans la sensation ; or, la mort est la privation complète de cette dernière.
La mort n’existe pas. Surtout pas la mort. Le mot ne devrait pas exister car il désigne ce qui n’est pas.
L’horreur, ce n’est pas la mort, mais la vie que mènent les gens avant de rendre leur dernier soupir.
La mort, si nous voulons nommer ainsi cette irréalité, est la chose la plus redoutable.
La mort est un manque de savoir-vivre.
La mort est la face de la vie qui est détournée de nous, qui n’est pas éclairée de nous.
Tous les morts ne sont pas sous terre. L’humiliation est pire que la mort.
Cet affranchissement et cette séparation de l’âme d’avec le corps, n’est-ce pas cela qu’on appelle la mort ?

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