L’idée qu’on mourra est plus cruelle que mourir, mais moins que l’idée qu’un autre est mort.
Écrivain, 1871-1922 Image : Otto Wegener, Domaine public, Wikimedia Commons L’idée qu’on mourra est plus cruelle que mourir, mais moins que l’idée qu’un autre est mort.
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Source vérifiée
Albertine disparue (1925), chapitre I
… choses sont possibles on les diffère, et elles ne peuvent prendre cette puissance d’attraits et cette apparente aisance de réalisation que quand, projetées dans le vide idéal de l’imagination, elles sont soustraites à la submersion alourdissante, enlaidissante du milieu vital.L’idée qu’on mourra est plus cruelle que mourir, mais moins que l’idée qu’un autre est mort; que, redevenue plane après avoir englouti un être, s’étend, sans même un remous à cette place-là, une réalité d’où cet être est exclu, où n’existe plus aucun vouloir, aucune connaissance, et de laquelle il est aussi difficile de remonter à l’idée que cet être a vécu, qu’il est …
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Tous les morts ne sont pas sous terre. L’humiliation est pire que la mort.
Il est plus facile de mourir pour ce qu’on croit que d’y croire un peu moins.
La pensée de la mort est une chose, mais son acceptation en est une autre, infiniment plus grave et déchirante.
La mort a un double aspect : elle est le non-être. Mais elle est aussi l’être, l’être atrocement matériel du cadavre.
L’horreur, ce n’est pas la mort, mais la vie que mènent les gens avant de rendre leur dernier soupir.
Je crois, toutes réflexions faites, qu’il ne faut jamais penser à la mort ; cette pensée n’est bonne qu’à empoisonner la vie ; la grande affaire est de ne point souffrir.
Souhaiter la mort de quelqu’un, c’est l’assassiner en idée. Si la pensée tuait, que de meurtriers et que de victimes !
Existe-t-il pensée plus consolante que de savoir les proches défunts à vos côtés ? La mort perd en gravité et en fatalité. Et l’existence gagne en valeur et en sens. Il n’y a ni un avant ni un après, mais un tout.
Si certaines personnes mouraient et que d’autres ne mouraient pas, la mort serait une terrible affliction.
Frôler la mort n’est rien. Passer à côté de la vie est beaucoup plus grave.

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