Biographie courte et informations sur Jacques Chardonne
Jacques Chardonne, né Jacques Boutelleau en 1884 à Barbezieux, descend d'une famille protestante. Après des études à Paris, il devient éditeur et codirige la maison Stock. Auteur reconnu, il remporte le Grand prix du roman en 1932. Attaché à un certain conservatisme, il est lié au groupe littéraire des Hussards. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il soutient partiellement l'Occupation.
- Si une femme plait, elle n’est pas libre. Les femmes qui méritent d’être aimées sont inaccessibles.
- On ne sait jamais qui on épouse; le mariage vous l’apprendra.
- Le bien, c’est l’amour. Aimer les autres, c’est détester la souffrance et l’injustice que la société mauvaise entretient.
- Les hommes seraient plus heureux si on leur parlait moins de bonheur.
- Parfois, c’est un long chemin à travers la vie que nous rejoignons notre rêve.
- Il faut avoir le courage d’abandonner ses enfants; leur sagesse n’est pas la nôtre.
- On pardonne tout à la femme qu’on aime. C’est cela qui rend l’amour si étouffant.
- Pas d’adjectifs, ils affaiblissent le style. L’adjectif, c’est comme les bijoux. Une femme élégante ne porte pas de bijoux.
- Un homme, ce n’est pas assez pour une femme, ou bien c’est trop.
- La véritable conduite de la vie est dans la pensée, qui transforme toute chose.
- La solitude est propice aux révélations de l’esprit.
- Un écrivain est un homme qui a de la chance; le talent, c’est une chance.
- Le but dans la vie est le plaisir. C’est un idéal inaccessible mais quand on le peut, il faut s’en souvenir.
- La solitude chez soi, c’est le drame de la vie, pour beaucoup; pourtant les êtres les plus heureux que j’ai vus, c’était des solitaires.
- Souvent on appelle la vie les bêtises que l’on fait.
- Je ne connais qu’une distraction dans la vieillesse : être utile. C’est sortir de soi.
- Le couple, c’est autrui à bout portant. Choisir c’est se livrer.
- Vu au microscope, l’amour est un pullulement d’erreurs, de faux pas, de désaccords.
- Je vous disais : sa bonne conscience m’enrage. Le mot n’est pas exact. Ce qui m’horripile est plutôt son idée des liens indestructibles du mariage.
- Je songe à ce style modeste et strict, qui seul conserve à travers les âges une pensée vive.
- Le mariage est une religion; il promet le salut, mais il faut la grâce.
- Elle suivit les cours d’une école de dactylographie. Devant les pupitres d’école, des filles de tout âge chuchotaient tandis qu’une femme assise à une table lisait à voix haute...
- L’empire du fait qui avait porté si haut notre civilisation est à peu près ruiné par un mauvais usage de la raison.
- A quatre-vingt-deux ans, les yeux en feu dans une barbe qui lui masquait le visage, tolstoï a voulu fuir sa femme. Il est mort tout de suite. Les liens entre les êtres ne sont pas à notre disposition.
- Je crois qu’on trouverait dans certaines conditions d’existence, dans certains rapports avec la famille surtout, la raison d’être de beaucoup d’oeuvres et aussi la cause qui en a détruit dans le germe un bon nombre.
- L’univers de la vie intime est illimité. Nous ignorons où le coeur nous mène et la portée d’une émotion.
- Une société très dure qui imposerait ses cadres, ses faveurs et sa hierarchie, sans ménagement, sans admettre une critique, serait inattaquable.
- Les jeunes filles de Barbezieux étaient amoureuses du mariage. Elles aimaient tant le mariage que tout de suite elles croyaient aimer leur mari, et beaucoup ont conservé cette idée durant leur vie.
- Je crains que, faute d’éducation, les jeunes filles d’aujourd’hui ne sachent pas aimer. L’amour exige certaines préparations, une retenue, des réserves, une rêverie préalable, comme une religion qui a été tôt déposée dans le coeur.
- Je ne vois pas une différence de génération entre un père et un jeune fils, mais la distance de deux mondes incommunicables : la jeunesse et la maturité.
- On n’est jamais exactement heureux ou triste, et quand on poursuit « le bonheur » on court après le reflet d’un mot.
- Dans un mariage, c’est le plus faible qui brise l’autre.
- Mais qu’est-ce qu’une famille ? Le plus souvent, un groupe trop étroit d’étrangers.
- Sauf la souffrance physique, tout est imaginaire.