- Elle sait que la beauté est un monde trahi. On ne peut la rencontrer que lorsque ses persécuteurs l’ont oubliée par erreur quelque part.
- L’oeil : la fenêtre de l’âme; le centre de la beauté du visage; le point où se concentre l’identité d’un individu.
- Est-on innocent parce qu’on ne sait pas ? Un imbécile assis sur le trône est-il déchargé de toute responsabilité du seul fait que c’est un imbécile ?
- Le mot intellectuel, dans le jargon politique d’alors, était une insulte : il désignait un homme qui ne comprend pas la vie et qui est coupé du peuple.
- Ce n’est, d’ailleurs, peut-être, que la brièveté de la vie qui empêche les artistes de comprendre jusqu’au bout la vanité de leur travail et d’organiser à temps l’oubli et de leur oeuvre et d’eux-mêmes.
- Et la politique, c’est ce qu’il y a dans la vie de moins essentiel et de moins précieux. La politique, c’est l’écume sale sur la surface de la rivière, alors qu’en fait la vie de la rivière s’accomplit à une bien plus grande profondeur.
- L’histoire est tout aussi légère que la vie de l’individu, insoutenablement légère, légère comme un duvet, comme une poussière qui s’envole, comme une chose qui va disparaître demain.
- Tout un chacun... Trouve agaçant qu’on raconte sa vie selon une autre interprétation que la sienne propre.
- J’ai la malchance d’être heureux en ménage, donc de ne pouvoir divorcer.
- Dieu a inculqué dans le coeur des femmes la haine des autres femmes parce qu’il voulait que le genre humain se multiplie.
- Il y a trois catégories d’ennui : l’ennui passif : la jeune fille qui danse et bâille; l’ennui actif : les amateurs de cerfs-volants; et l’ennui en révolte : la jeunesse qui brûle les voitures et casse les vitrines.
- Seul son mari lui posait sans arrêt des questions, parce que l’amour est une interrogation continuelle. Oui, je ne connais pas de meilleure définition de l’amour.
- On ne badine pas avec les métamorphoses. L’amour peut naître d’une seule métamorphose.
- De même que l’amour nous fait trouver belle la femme aimée, l’angoisse que nous inspire une femme redoutée donne un relief démesurée au moindre défaut de ses traits.
- Au terme du véritable amour, il y a la mort, et seul l’amour au terme duquel il y a la mort est l’amour.
- Aimer, c’est renoncer à la force.
- Une conversation continue berce les couples, son courant mélodieux jette un voile sur les désirs déclinants du corps. Quand la conversation s’interrompt, l’absence d’amour physique surgit tel un spectre.
- Il me fallut encore un moment pour comprendre que mon histoire (malgré le silence glacial qui m’entourait) n’est pas du genre tragique, mais plutôt comique. Ce qui m’apporta une sorte de consolation.
- L’amour commence à l’instant où une femme s’inscrit avec une de ses paroles dans notre mémoire poétique.
- Quand une femme rougit, c’est beau; son corps, en cet instant, ne lui appartient pas; elle ne le maîtrise plus; elle est à sa merci ! Ah, rien n’est plus beau que le spectacle d’une femme violée par son propre corps !
- Le sommeil partagé était le corps du délit de l’amour.
- Je ne veux pas dire par là que j’avais cessé de l’aimer, que je l’avais oubliée, que son image avait pâli; au contraire : elle m’habitait jour et nuit, comme une nostalgique silencieuse; je la désirais comme on désire des choses perdues à jamais.
- Depuis James Joyce, ... Nous savons que la plus grande aventure de notre vie est l’absence d’aventures.
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