Il me fallut encore un moment pour comprendre que mon histoire (malgré le silence glacial qui m’entourait) n’est pas du genre tragique, mais plutôt comique. Ce qui m’apporta une sorte de consolation.
Image : Il me fallut encore un moment...

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- Je ne veux pas dire par là que j’avais cessé de l’aimer, que je l’avais oubliée, que son image avait pâli; au contraire : elle m’habitait jour et nuit, comme une nostalgique silencieuse; je la désirais comme on désire des choses perdues à jamais.
- C’est triste de penser qu’il faut attendre le pire pour enfin comprendre. Pourquoi le bonheur, on le reconnaît seulement au bruit qu’il fait en partant ?
- La souffrance a été plus forte que tout autre enseignement et m’a appris à comprendre ce qu’était votre coeur. J’ai été tordu et cassé, mais - j’espère - dans une meilleure forme.
- Ma première impression, à son aspect, ne fut ni la surprise, ni l’étonnement, ni la tristesse, ni l’intérêt, ni la pitié, mais une curiosité qui tenait de tous ces sentiments.
- Ce brusque rappel aux réalités dérisoires du lendemain écrasa ma douleur sous une sensation unique de petitesse.
- J’étais dans une apesanteur de fin d’histoire d’amour, la brusque suspension des sentiments, une sorte de vertige que donnent le détachement, la distance, une appréhension différente du temps.
- Le destin me sourit mais sans me rendre le moins heureux.
- J’en suis venue à me rendre compte qu’il existe un énorme fossé entre comprendre un événement qui bouleverse votre vie et accepter sa terrible réalité.
- L’horreur de la nuit la plus noire. Seule convient à ma douleur. Il faudrait perdre la mémoire, quand on a perdu le bonheur !
- Pour moi, c’était la tragédie ultime, la véritable tragédie : comme tous les morts du monde, il avait été rétrogradé une fois pour toutes d’esprit hanté à esprit qui hante.
- L’histoire ne s’intéresse qu’aux faits, les émotions, elles, restent toujours en marge. Ce n’est pas l’usage de les laisser entrer dans l’histoire. Moi, je regarde le monde avec les yeux d’une littéraire et non d’une historienne. Je suis étonnée par l’être humain...
- C’était bizarre dans ma vie. Alors que j’éprouvais du bonheur, il me suffisait de penser que ce bonheur n’était pas là pour longtemps, et il cessait aussitôt d’être.
- Tout de même je l’aimais davantage maintenant; elle était loin; la présence, en écartant de nous la seule réalité, celle qu’on pense, adoucit les souffrances, et l’absence les ranime, avec l’amour.
- J’éprouvais devant ce qui restait de Marie tout ce que signifie le mot «dépouille». J’avais le sentiment irrésistible d’un départ, d’une absence.