J’étais dans une apesanteur de fin d’histoire d’amour, la brusque suspension des sentiments, une sorte de vertige que donnent le détachement, la distance, une appréhension différente du temps.

J’étais dans une apesanteur de fin d’histoire d’amour, la brusque suspension des sentiments, une sorte de vertige que donnent le détachement, la distance, une appréhension différente du temps.

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Un lac immense et blanc : novella
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Tout de même je l’aimais davantage maintenant ; elle était loin ; la présence, en écartant de nous la seule réalité, celle qu’on pense, adoucit les souffrances, et l’absence les ranime, avec l’amour.
Le sentiment amoureux se mesure à l’ampleur du manque, à l’état fiévreux dans lequel l’absence de l’autre nous plonge.
Ce brusque rappel aux réalités dérisoires du lendemain écrasa ma douleur sous une sensation unique de petitesse.
J’ai dit ce que j’ai vu et ce que j’ai senti,
D’un cœur pour qui le vrai ne fut point trop hardi
Et j’ai eu cette ardeur, par l’amour intimée,
Pour être après la mort parfois encore aimée…
Je connus tout, y compris une douleur inattendue, très cuisante, et qui ressemblait beaucoup à l’âcre frisson de l’amour-propre blessé.
La tendresse, ce sont les moments silencieux de l’amour et le regard porté à l’être aimé.
Tel lorsque, abandonné d’une infidèle amante, pour la première fois j’ai connu la douleur, transpercé tout à coup d’une flèche sanglante, seul, je me suis assis dans la nuit de mon cœur.
Elle était alors l’intruse dans mon voyage, elle en est à présent la boussole. L’amour est toujours une intrusion. Le hasard se fait chair, la passion se fait raison.
Le temps mit bientôt sur mon cœur ulcéré l’arnica de l’oubli. Un clou chasse l’autre, une femme aussi.
À mesure que les portes se fermaient autour de moi, mon cœur s’ouvrait de plus en plus.

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