J’étais dans une apesanteur de fin d’histoire d’amour, la brusque suspension des sentiments, une sorte de vertige que donnent le détachement, la distance, une appréhension différente du temps.
Image : J’étais dans une apesanteur de fin...

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- Ma captivité était devenue un délice, une promesse de beaux lendemains, un horizon dont je voyais les contours et que je n’avais jamais connu, les frontières d’un nouveau pays qui s’appellerait l’amour.
- Tel lorsque, abandonné d’une infidèle amante, pour la première fois j’ai connu la douleur, transpercé tout à coup d’une flèche sanglante, seul, je me suis assis dans la nuit de mon coeur.
- Il me fallut encore un moment pour comprendre que mon histoire (malgré le silence glacial qui m’entourait) n’est pas du genre tragique, mais plutôt comique. Ce qui m’apporta une sorte de consolation.
- Je connus tout, y compris une douleur inattendue, très cuisante, et qui ressemblait beaucoup à l’âcre frisson de l’amour-propre blessé.
- Il faut avoir été fou de douleur pour pouvoir devenir fou d’amour. Dans cette expérience de déchirement l’extase survient qui fait passer d’une souffrance insondable à un amour excessif, inouï, qui transgresse toute norme et toute forme.
- Le temps, ennemi implacable. La jalousie, mauvaise compagne. Toujours l’amour, mais avec des orages. Mon cur battait des chamades de plus en plus saccadées entre ses « je t’aime » hâtifs, ses « je dois raccrocher » fébriles, ses « je te rappelle » excédés.
- Ma vie avait fait fausse route et mon contact avec les hommes n’était plus qu’un monologue intérieur. J’étais descendu si bas que si j’avais eu à choisir entre tomber amoureux et lire un bon livre sur l’amour j’aurais choisi le livre.
- Ce brusque rappel aux réalités dérisoires du lendemain écrasa ma douleur sous une sensation unique de petitesse.
- La tendresse, ce sont ces moments silencieux de l’amour et le regard porté à l’être aimé.
- J’ai dit ce que j’ai vu et ce que j’ai senti, - D’un coeur pour qui le vrai ne fut point trop hardi - Et j’ai eu cette ardeur, par l’amour intimée, - Pour être, après ma mort, parfois encore aimée.
- La tragédie de l’amour tient à ce qu’il n’échappe pas à la dimension temporelle. Quand on partage la vie d’un être aimé, il y a une cruauté toute spéciale à constater combien nos anciennes amours nous sont devenues indifférentes.
- Elle était alors l’intruse dans mon voyage, elle en est à présent la boussole. L’amour est toujours une intrusion. Le hasard se fait chair, la passion se fait raison.
- La blessure fondamentale de mon existence réside tout de même dans ce manque d’affection, et je ne puis taire que la distance procède de la maltraitance lorsqu’elle n’est pas naturelle, souple.
- L’amour, une faim qui faisait trembler mon corps fragile, une convoitise qui soudain, au milieu de mes rires, me serrait le coeur, m’étouffait, l’amour, l’amour, je veux aimer, je t’aime.
- J’ai vécu jour après jour la différence entre lui et moi, coulé dans un univers rétréci, bourrée jusqu’à la gueule de minuscules soucis. De solitude. Je suis devenue la gardienne du foyer, la préposée à la subsistance des êtres et à l’entretien des choses.