- C’est un conseil de ma mère : « Tue ou laisse la vie. Mais ne blesse pas. Un homme blessé devient un animal dangereux. ».
- Je me demande qui a inventé la vie comme une pièce de monnaie, à deux faces, où le bonheur est l’envers de la souffrance, où les caresses ne vont pas sans les cris, où la joie d’avoir n’est rien sans la douleur de perdre.
- La mort unie les êtres, soude les villages. On l’aime pour cela. Sa menace rapproche les hommes. La mort, vous le voyez, est la pire ennemie de la solitude.
- Regretter un combat est bien pire que de le perdre.
- Inutile d’attendre des mots d’amour. Ma mère n’en a jamais prononcé. Cela ne m’attriste pas. Mon époque ménage les mots. Elle les respecte trop pour en abreuver les foules, les utiliser à tort et à travers.
- Mes jours s’enroulent autour d’une absence que ni la prière, ni l’étude des textes ne parviennent à combler.
- J’ai peur de ces choses immuables, comme la pluie, la nuit qui tombe, la mort après l’amour, l’enfer après la mort. S’il existe une éternité, c’est celle de la souffrance toujours répétée.
- Les hommes de Dieu se goinfrent. Pourtant ils ont lu les textes qui imposent une purée de pois le soir, une autre de fèves à midi. Alors comment expliquer ces ventres ronds et tendus ? Ils ont des allures de femme enceinte.