J’ai peur de ces choses immuables, comme la pluie, la nuit qui tombe, la mort après l’amour, l’enfer après la mort. S’il existe une éternité, c’est celle de la souffrance toujours répétée.

J’ai peur de ces choses immuables, comme la pluie, la nuit qui tombe, la mort après l’amour, l’enfer après la mort. S’il existe une éternité, c’est celle de la souffrance toujours répétée.

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La passion selon Juette
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L’infini fait autant de peur à notre vue qu’il plaît à notre âme.
Au mal qu’on sent on ajoute celui qu’on craint ; la prévoyance de la mort la rend horrible et l’accélère.
La crainte du Seigneur est une source de vie pour éviter la chute qui donne la mort.
La peur de mourir résulte de la peur de vivre. Une personne qui vit pleinement est prête à mourir à tout moment.
Cette imperturbable nature qui nous entoure est muraillée entre deux constantes immuables, la vie écourtée, encerclant la mort à l’infini.
Les maux du corps donnent l’idée de la mort, les peines de l’âme, celle de l’éternité !
Mais, de même que tout est mortel dans la nature, de même toute nature atteinte d’amour est mortellement atteinte de folie.
Ma vie pourrait s’arrêter, ce qui me fait hurler de peur.
Equilibre dangereux, le mien, danger de mort d’âme. La nuit d’aujourd’hui me regarde avec torpeur, patine et glu. Je veux, au sein de cette nuit qui est plus longue que la vie, je veux, au sein de cette nuit, la vie crue et sanglante et pleine de salive.
La mort est derrière la pluie. Derrière la pluie, plus jamais de pluie. Après l’enfer, la vie.

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