L’infini fait autant de peur à notre vue qu’il plaît à notre âme.
Écrivaine, 1766-1817L’infini fait autant de peur à notre vue qu’il plaît à notre âme.
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Memoires de Madame de Stael (Dix annees d'exil) : ouvrage posthume publie en 1818
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Etrange comme l’amour nous conduit droit à notre peur, toujours.
On n’a pas peur, on s’imagine avoir peur. La peur est une fantasmagorie du démon.
Quand, dans la vie, on s’arrange pour se tenir éloigné de tout ce qui nous fait peur, on s’empêche de découvrir que la plupart de nos peurs sont des créations de l’esprit.
J’ai peur de ces choses immuables, comme la pluie, la nuit qui tombe, la mort après l’amour, l’enfer après la mort. S’il existe une éternité, c’est celle de la souffrance toujours répétée.
La peur nourrit l’imagination.
Tout ce dont nous avons peur est en nous, dans ce que nous imaginons, dans ce qu’on appréhende de trouver si on scrute un peu trop longtemps l’obscurité.
Quand on cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur.
L’homme lutte contre la peur mais, contrairement à ce qu’on répète toujours, cette peur n’est pas celle de la mort, car la peur de la mort, tout le monde ne l’éprouve pas, certains n’ayant aucune imagination, d’autres se croyant immortels, d’autres encore espérant des rencontres merveilleuses après leur trépas ; la seule peur universelle, la peur unique, celle qui conduit toutes nos pensées, c’est la peur de n’être rien.
L’émotion humaine la plus puissante est la peur. C’est l’essence de tout bon thriller que de pouvoir faire croire au Grand Méchant Loup pour un instant.
Si la conscience n’est, comme l’a dit un penseur inhumain, qu’un éclair entre deux éternités de ténèbres, alors il n’y a rien de plus exécrable que l’existence.

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