Biographie courte et informations sur Éric-Emmanuel Schmitt
Éric-Emmanuel Schmitt est un écrivain et dramaturge franco-belge. Il est né le 28 mars 1960 à Sainte-Foy-lès-Lyon. Agrégé de philosophie, il a enseigné avant de se consacrer entièrement à l’écriture lorsque sa pièce Le Visiteura connu le succès en 1994. Il vit en Belgique depuis 2002. Dans ses récits, il aborde des thèmes spirituels et humanistes, comme Oscar et la Dame roseet Monsieur Ibrahim. Il est membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises et de l’Académie Goncourt. Il participe également à la direction de projets théâtraux et littéraires.
- Les hommes fantasment la liberté plus qu’ils ne l’utilisent, ils la gardent précieusement sur une étagère au lieu de l’employer. Là, elle sèche, se racornit et meurt bien avant eux. Car la liberté n’existe que si l’on s’en sert.
- Boire, c’est croire qu’on vient de fermer sa porte à l’ennemi alors qu’on vient de l’installer chez soi, de façon définitive, derrière les verrous du silence.
- La mort n’est que la mort; on ne signifie rien par sa mort mais on la subit.
- Qu’est ce que la justice ? La même chose pour tous ? Dieu nous donne à tous, également, la vie puis la mort. Le reste dépend des hommes et des circonstances.
- Un gouvernement doit faire croire qu’il gouverne, mais ses décisions sont dictées par les équilibres des partis et des circonstances.
- Le vrai sage ne craint pas la mort car il sait que la mort n’est rien. La conscience ne souffre pas puisqu’elle a disparu. Avec la chair qui pourrit, c’est l’esprit qui pourrit aussi, et les désirs, et l’angoisse.
- Le bonheur suppose que l’on refuse de voir le monde tel qu’il est.
- C’est la seule chose que nous apprend la mort : qu’il est urgent d’aimer.
- Dieu nous donne et nous reprend. On ne réalise qu’il nous a donné quelque chose qu’à l’instant où l’on s’aperçoit qu’il peut le reprendre.
- Dans l’appréhension de la mort, il y a trois peurs distinctes, l’inconnu de la date où l’on mourra, l’inconnu de la manière dont on mourra et l’inconnu de la mort elle-même.
- La musique nous aide à construire nos vies spirituelles, nous apaise, nous console, nous redonne de la joie, nous rend allègre, nous fait danser, chanter.
- L’amour a dû être inventé pour poétiser la vie.
- Le Dieu que je vénère ne déclenche ni pensées ni actions négatives. Il éclaire, il apaise, il produit de l’amour. Loin d’augmenter les fissures ou d’amplifier les divisions, il nous fait pénétrer dans l’unité et l’harmonie du Tout. Il nous remplit de reconnaissance, pas de jalousie. Il comble nos frustrations ou nous signale leur ridicule. Il nous agrandit au lieu de nous rapetisser, tout en nous ramenant à une humilité modeste. Ce Dieu-là n’exige pas qu’on tue mais qu’on aime et qu’on perpétue la vie.
- C’est sourire qui rend heureux.
- L’homme lutte contre la peur mais, contrairement à ce qu’on répète toujours, cette peur n’est pas celle de la mort, car la peur de la mort, tout le monde ne l’éprouve pas, certains n’ayant aucune imagination, d’autres se croyant immortels, d’autres encore espérant des rencontres merveilleuses après leur trépas; la seule peur universelle, la peur unique, celle qui conduit toutes nos pensées, c’est la peur de n’être rien.
- L’homme supérieur se montre amical sans familiarité; l’homme vulgaire se montre familier sans amitié.
- Le mal, c’est la promesse qu’on ne tient pas. Qu’est-ce que la mort, sinon la promesse de la vie qui court, là, dans mon sang, sous ma peau, et qui n’est pas tenue ?
- Dans l’hôtellerie, à partir de deux mille dollars la nuit, on ignore la concupiscence, on ne juge pas le client, on ne reçoit que des saints. L’argent purifie plus que l’eau de Lourdes.
- La littérature ne bégaie pas l’existence, elle l’invente, elle l’a provoque, elle la dépasse.
- Au lieu de se plaindre de l’obscurité, mieux vaut allumer la lumière, affirma madame Ming.
- Le mal est un mystère plus profond que le bien car, dans le bien, il y a une lumière, un dynamisme, une affirmation de la vie.
- Qu’est-ce que c’est, aimer un homme d’amour ? C’est l’aimer malgré soi, malgré lui, envers et contre tout. C’est l’aimer d’une façon qui ne dépend plus de personne.
- Seule la peau sépare l’amour de l’amitié. C’est mince.
- Le transhumanisme, c’est l’anti-vie. Si les individus meurent, c’est pour que la vie continue. Seule la vie doit-être immortelle.
- On croit fuir une prison alors qu’on emmène les barreaux avec soi.
- Après le départ d’un proche, il ne faut pas pleurer de chagrin mais de joie. Plutôt que regretter ce qui n’est plus, on doit se réjouir de ce qui a été.
- Le coeur de l’homme est comme un oiseau enfermé dans la cage du corps.
- La souffrance physique, on la subit. La souffrance morale, on la choisit.
- Notre époque est devenue tellement douillette qu’elle tente de médicaliser la conscience mais elle ne parviendra pas à nous guérir d’être des hommes.
- Chacun de nous a trois existences. Une existence de chose : nous sommes un corps. Une existence d’esprit : nous sommes une conscience. Et une existence de discours : nous sommes ce dont les autres parlent.
- Ton fils aîné est mort ? Aime-le encore plus. Et surtout aime les autres, ceux qui te restent, et dis-le-leur. Vite. C’est la seule chose que nous apprend la mort : qu’il est urgent d’aimer.