La littérature ne bégaie pas l’existence, elle l’invente, elle la provoque, elle la dépasse.
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C’est parce qu’elle peut tout dire que la littérature est un exercice si difficile. C’est parce qu’elle ne peut se contenter de pensées schématiques, de généralités, de clichés, qu’elle est importante et essentielle.
La littérature ne change ni l’homme ni la société. Pour autant, l’absence de littérature rendrait l’homme encore plus infréquentable.
La littérature est un terrain d’entente. Un terrain qui n’est pas géré que par des intérêts commerciaux ni exploité comme une mine…
La littérature est, profondément, un art conceptuel ; c’est même, à proprement parler, le seul.
La littérature n’a aucun rapport avec la réalité, la littérature, elle parle de l’existence.
La littérature est une machine à fabriquer des souvenirs et de la mort, une manufacture de testaments. Aucun roman n’a jamais fait de projet d’avenir.
Ne cède pas à l’imagination, c’est toujours le pire, elle ne sert que la littérature.
Quand un écrivain publie un livre qui ne marche pas, ce n’est pas de lui qu’il doute mais de l’avenir de la littérature.
La littérature est une blessure par où jaillit l’indispensable divorce entre les mots et les choses. Par cette plaie, nous pouvons perdre tout notre sang.
Je suis convaincu que les œuvres qui durent ne durent que par des malentendus, par toute la littérature dont la postérité les entoure, littérature où les intentions véritables des auteurs finissent par être noyées du tout et perdues de vue.

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