La littérature est une blessure par où jaillit l’indispensable divorce entre les mots et les choses. Par cette plaie, nous pouvons perdre tout notre sang.
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- Les grandes oeuvres sont toutes des vengeances, les chefs-d’oeuvre sont tous des revanches. Je crois que c’est la loi de fer des écrivains : ils ne réussissent leurs livres que dans la mesure où ils ont raté leur vie.
- Un mot n’est pas qu’un mot, et c’est le problème particulier de l’écrivain. Un mot est chargé de souvenirs, d’histoire, de joies, de douleurs, celles des lecteurs, de l’écrivain lui-même.
- Publier est une pure folie, un crime de l’esprit, mieux encore, un crime capital contre l’esprit. Oui, nous ne publions que pour satisfaire notre désir de gloire.
- La vie des écrivains, c’est plus important que les livres. On entend le mensonge et on entend la vérité, on entend le dedans et on entend le dehors, on est en soi et on est hors de soi.
- Dans toute vie, on ne peut pas séparer l’amour, la crainte, l’apprentissage, la violence, la tendresse, l’espérance, le roman doit pouvoir intégrer des lignes aussi contradictoires.
- La haine d’un sot livre est un sentiment très inutile en soi; mais qui a son prix s’il ravive en nous l’amour et la soif de ceux qui sont bons.
- Les livres sont les bougies allumées que nous rapprochons de notre visage. La cire brûlante des mots coulant sur l’âme la tire du mortifère sommeil du monde.
- Au commencement était le verbe. Puis arriva le traitement de texte, et leur foutu processeur de pensée. La mort de la littérature s’ensuivit. Ainsi va la vie.
- La littérature, c’est ma sainte maîtresse, les bibelots, c’est ma putain : pour entretenir cette dernière, jamais la sainte maîtresse n’en souffrira.
- Les livres et les moeurs ont donné beaucoup plus de poésie et de dignité à l’amour chaste qu’à l’autre; aussi n’accueille-t-on pas le second avec beaucoup de respect.
- Epanchement : Défaut fréquent chez les écrivains, et qui peut s’avérer dangereux, car à force de s’épancher, l’écrivain risque une mauvaise chute.
- Congédier la passion et la raison, c’est tuer la littérature.
- C’est parce qu’elle peut tout dire que la littérature est un exercice si difficile. C’est parce qu’elle ne peut se contenter de pensées schématiques, de généralités, de clichés, qu’elle est importante et essentielle.
- Aimer la littérature, c’est être persuadé qu’il y a toujours une phrase écrite qui nous redonnera le goût de vivre.