Les livres sont les bougies allumées que nous rapprochons de notre visage. La cire brûlante des mots coulant sur l’âme la tire du mortifère sommeil du monde.
Écrivain, 1951-2022 Image : Vermeer&Velazquez, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Les livres sont les bougies allumées que nous rapprochons de notre visage. La cire brûlante des mots coulant sur l’âme la tire du mortifère sommeil du monde.
Écrivain, 1951-2022 Image : Vermeer&Velazquez, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Partager sur
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Les ruines du ciel
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La lecture d’un roman jette sur la vie une lumière.
Un livre est voyant ou il n’est rien. Son travail est d’allumer la lumière dans les palais de nos cerveaux déserts.
Nous ne pouvons arracher une seule page de notre vie, mais nous pouvons jeter le livre au feu.
La littérature est une blessure par où jaillit l’indispensable divorce entre les mots et les choses. Par cette plaie, nous pouvons perdre tout notre sang.
Les livres sont des chapelets d’encre noire, chaque grain roulant entre les doigts, mot après mot. Et c’est quoi, au juste, prier. C’est faire silence. C’est s’éloigner de soi dans le silence.
J’ai compris que les livres étaient une des expressions les plus fortes, les plus troublantes et les plus vraies de la vie.
La poésie est à la vie ce qu’est le feu au bois. Elle en émane et le transforme.
Et ce livre de grande classe convoque en un feu d’artifice suprême toutes les ressources et toute la force du génie classique.
L’amour est une lumière venue du ciel, une étincelle du feu immortel que les anges partagent.
C’est vrai que les livres nous protègent, dit-il, mais leur protection ne dure pas éternellement. C’est un peu comme les rêves. Un jour ou l’autre, la vie nous rattrape.

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