Un livre est voyant ou il n’est rien. Son travail est d’allumer la lumière dans les palais de nos cerveaux déserts.
Écrivain, 1951-2022 Image : Vermeer&Velazquez, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Un livre est voyant ou il n’est rien. Son travail est d’allumer la lumière dans les palais de nos cerveaux déserts.
Écrivain, 1951-2022 Image : Vermeer&Velazquez, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Partager sur
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L'homme-joie
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La lecture d’un roman jette sur la vie une lumière.
Dans la lumière nous lisons, dans l’obscurité nous parlons.
Les livres sont les bougies allumées que nous rapprochons de notre visage. La cire brûlante des mots coulant sur l’âme la tire du mortifère sommeil du monde.
Les vrais livres doivent être les enfants non du grand jour et de la causerie, mais de l’obscurité et du silence.
Ce n’est pas la lumière qui manque à notre regard, c’est notre regard qui manque de lumière.
Combien facilement nous passons du veiller au dormir ! Avec combien peu d’intérêt nous perdons la connaissance de la lumière et de nous !
Que de chefs-d’œuvre gagnent, en vérité, à ne pas être lus. D’où cette passion aveugle que vouent à la littérature ceux qui ne lisent pas.
Dans les ténèbres, l’imagination travaille plus activement qu’en pleine lumière.
Parce que le poète nous découvre une nuance fugitive, nous apprenons à imaginer toute nuance comme un changement. Seule l’imagination peut voir les nuances, elle les saisit au passage d’une couleur à une autre.
La pensée n’est qu’un éclair au milieu d’une longue nuit. Mais c’est cet éclair qui est tout.

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