Les vrais livres doivent être les enfants non du grand jour et de la causerie, mais de l’obscurité et du silence.
Écrivain, 1871-1922 Image : Otto Wegener, Domaine public, Wikimedia Commons Les vrais livres doivent être les enfants non du grand jour et de la causerie, mais de l’obscurité et du silence.
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Le Temps retrouvé (1927), chapitre III
… que tout j’écarterais donc ces paroles que les lèvres plutôt que l’esprit choisissent, ces paroles pleines d’humour, comme on dit dans la conversation, et qu’après une longue conversation avec les autres on continue à s’adresser facticement et qui nous remplissent l’esprit de mensonges, ces paroles toutes physiques qu’accompagne chez l’écrivain qui s’abaisse à les transcrire le petit sourire, la petite grimace qui altère à tout moment, par exemple, la phrase parlée d’un Sainte-Beuve, tandis queles vrais livres doivent être les enfants non du grand jour et de la causerie mais de l’obscurité et du silence.Et comme l’art recompose exactement la vie, autour des vérités qu’on a atteintes en soi-même flottera toujours une atmosphère de poésie, la douceur d’un mystère qui n’est que le vestige de la pénombre que nous avons dû traverser, l’indication, marquée exactement comme par un …
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Les seuls livres dignes d’être lus sont ceux qui rendent sensible, non pas dans des phrases explicites, non pas même par le fil de l’intrigue, mais dans leur texture même, leur tissu de mots, à la fois ce que la vie à d’impossible et ce qu’elle a d’admirable.
Un livre est voyant ou il n’est rien. Son travail est d’allumer la lumière dans les palais de nos cerveaux déserts.
La littérature, c’est les personnages. Ca commence avec ça, ça ne commence pas avec un coucher de soleil. Il faut éviter. Si vous trouvez ça au début, ne lisez pas.
Les livres sont des chapelets d’encre noire, chaque grain roulant entre les doigts, mot après mot. Et c’est quoi, au juste, prier. C’est faire silence. C’est s’éloigner de soi dans le silence.
Enseigner à lire, telle serait la seule et la véritable fin d’un enseignement bien entendu : que le lecteur sache lire et tout est sauvé.
Les misères de la vie enseignent l’art du silence.
Cette instruction, que chaque homme peut recevoir par les livres dans le silence et la solitude, ne peut être universellement corrompue : il suffit qu’il existe un coin de terre libre, où la presse puisse en charger ses feuilles.
Les livres contiennent de l’humour, de la beauté, de l’intelligence, de l’émotion, de la pensée, et bien sûr, tout ce qui fait la vie. La vie sans un livre est vide.
Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres.
Les livres ne peuvent être anéantis par le feu. Les hommes meurent, pas les livres. Aucun être, aucune force ne peut abolir la mémoire.

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