Parce que le poète nous découvre une nuance fugitive, nous apprenons à imaginer toute nuance comme un changement. Seule l’imagination peut voir les nuances, elle les saisit au passage d’une couleur à une autre.
Image : Parce que le poète nous découvre...

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- Dans la contemplation, l’être rêvant apprend à s’animer de l’intérieur, il apprend à vivre le temps régulier, le temps sans élan et sans heurt. C’est le temps de la nuit.
- Le romancier, qu’il le veuille ou non, nous révèle le fond de son être, encore qu’il se couvre littéralement de personnages. En vain, il se servira «d’une réalité» comme d’un écran. C’est lui qui projette cette réalité, c’est surtout lui qui l’enchaîne.
- Face au réel, ce qu’on croit savoir clairement offusque ce qu’on devrait savoir. Quand il se présente à la culture scientifique, l’esprit n’est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l’âge de ses préjugés.
- Si l’image de la lumière peut nous servir encore pour illustrer, si j’ose dire, la connaissance, nos ancêtres en avaient choisi la clarté, tandis que nous optons plutôt pour sa vitesse. Le moteur de recherche peut, parfois, remplacer l’abstraction.
- Appelons poésie une création par l’image et le rêve.
- L’art de la photographie offre un beau symbole. On «prend» le paysage, ou le phénomène, ou le visage. Et l’on développe. Mais ce qui a eu besoin de lumière, d’exposition, ne pourra se «rendre» que dans l’obscurité.
- J’ai toujours compris les errants. Les yeux captent une chose du paysage, une autre, une autre encore. Tout est nouveau. Toujours. On se refait.
- La réalité ne se révèle qu’éclairée par un rayon poétique.
- Les poèmes, quand ils sont réussis, personne ne les comprend vraiment. Leurs significations changement selon l’humeur, la lumière... Ils ne sont pas là pour être compris. Ce sont eux qui nous comprennent.
- L’objet de la poésie deviendrait une connaissance des secrets de l’univers qui nous permettrait d’agir sur les éléments.
- Tout poème doit son caractère proprement poétique à la présence, au rayonnement, à l’action transformante et unifiante d’une réalité mystérieuse, que nous appelons poésie pure.
- Comme le crépuscule est beau, on peut se défaire de la méfiance, de la prudence, s’abandonner à l’instant qui ressemble pour une fois à l’idée qu’on se faisait de la vie.
- Sans la clairvoyance du sage, impossible de rien connaître du monde. Sans l’obscurcissement du fou, impossible de tout connaître du monde.
- La rage de comprendre se transforme en plaisir d’explorer, la nécessité de fouiller l’enfer pour y trouver un coin de paradis se mue en aptitude à rencontrer des insuffleurs d’âmes.
- J’étais perdu dans la rêverie où nous plonge toujours l’énigme d’un beau visage...