Le romancier, qu’il le veuille ou non, nous révèle le fond de son être, encore qu’il se couvre littéralement de personnages. En vain, il se servira «d’une réalité» comme d’un écran. C’est lui qui projette cette réalité, c’est surtout lui qui l’enchaîne.
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- Parce que le poète nous découvre une nuance fugitive, nous apprenons à imaginer toute nuance comme un changement. Seule l’imagination peut voir les nuances, elle les saisit au passage d’une couleur à une autre.
- L’artiste qui renonce à une heure de travail pour une heure de causerie avec un ami sait qu’il sacrifie une réalité pour quelque chose qui n’existe pas.
- Ne demandons pas à ses personnages une réalité romanesque alors qu’ils ont une réalité épique.
- Les mots : écrins qui recueillent une réalité esseulée et la métamorphosent en un moment d’anthologie, magiciens qui changent la face de la réalité en l’embellissant du droit de devenir mémorable, rangée dans la bibliothèque des souvenirs.
- La réalité a dépassé la fiction. Ensuite, c’est la fiction qui a dépassé la réalité et, à partir de là, tout n’est devenu qu’une copie d’une copie dont on a oublié l’original.
- L’acteur est un artiste et non pas un critique. Son but n’est pas de faire comprendre un texte, mais de faire vivre un personnage.
- La réalité ne se révèle qu’éclairée par un rayon poétique.
- Ce n’est pas la réalité qui compte dans un film mais ce que l’imagination peut en faire.
- Le droit intangible du romancier, c’est de pouvoir retravailler son roman.
- Passer de l’opinion à la perception, de l’imagination au fait, de l’illusion à la réalité, de ce qui n’est pas à ce qui est, voilà le cheminement.
- Etre écrivain, c’est sans doute combler les trous de sa propre vie avec l’étoffe rapiécée des destins qui nous dépassent.
- Quand la réalité est déplaisante, la fiction demeure le recours idéal. La réalité, de toute façon, n’est jamais venue d’elle même : elle se crée, comme mon père façonne ses bustes. La joie est une fiction à laquelle on finit toujours par croire.
- Beaucoup de romanciers et la plupart des lecteurs de ce temps confondent la Réalité avec la Vérité.
- Dans toute carrière publique, une fois que l’on a construit son personnage, et que le bruit qu’il fait revient à son auteur et lui enseigne qui il paraît - celui-ci joue son personnage - ou plutôt son personnage le joue, et ne le lâche plus.
- L’écrivain observe, entend, écoute, enregistre. Puis il raconte une histoire, mêlant son imagination à son expérience. Et elle porte nécessairement les cicatrices de son âme.