Biographie courte et informations sur Gustave Thibon
Gustave Thibon est né le 2 septembre 1903 à Saint-Marcel-d’Ardèche et est décédé le 19 janvier 2001 dans le même village. D’origine rurale, il a acquis son savoir de manière autonome, s’appuyant sur les ouvrages de la bibliothèque familiale et sur la culture classique. Philosophe et poète, il a trouvé son inspiration dans les écrits de Platon, Aristote, Thomas d’Aquin et Simone Weil, avec qui il a partagé une amitié intellectuelle. En 1947, il a contribué à faire connaître La Pesanteur et la Grâceau grand public. Ses réflexions spirituelles et métaphysiques ont donné naissance à des ouvrages tels que Diagnosticsen 1940 et Nietzscheen 1948. L’Académie française lui a décerné le Grand prix de littérature en 1964. Jusqu’à un âge avancé, il a animé des conférences en Europe et en Amérique du Nord.
- La vérité est un organisme, et ta vérité fait corps avec l’ensemble des vérités. Un membre coupé est un membre mort et si, pour mieux adorer ta petite vérité, tu l’isoles, tu ne tiendras plus qu’un mensonge entre tes doigts.
- L’ami est celui qui ne vous demande rien, mais qui vous offre tout.
- Qu’es-tu donc, toi qui m’aimes ? Le miroir où je me regarde ou l’abîme où je me perds ?
- Ce n’est pas la lumière qui manque à notre regard, c’est notre regard qui manque de lumière.
- S’aimer, c’est avoir faim ensemble et non pas se dévorer l’un l’autre.
- Être détaché de tout est la première condition pour n’être indifférent à rien.
- Règle de vie : Toujours essayer de réduire mes propres souffrances à ce qu’elles ont d’universel et d’anonyme, et considérer celles des autres comme uniques et irréductibles.
- Automne canadien. Ardente et transparente agonie des feuillages : le baiser du soleil après la morsure du gel. Puisse notre mort ressembler à celle de ces feuilles d’érable : se laisser successivement briser par la douleur et transfigurer par la grâce...
- La déception ne doit pas être un mur qui nous renvoie à nous-mêmes, mais un fleuve qu’il faut franchir pour passer du côté temporel au côté éternel des choses.
- La naissance est à la mort ce qu’est la promesse des fiançailles à la nuit de noce : c’est la mort qui consomme (dans les deux sens du mot : parfaire et détruire) le mariage entre l’âme et le temps.
- Toute connaissance profonde est aussi un privilège. Et tout privilège est par essence difficilement communicable : on ne peut le conférer efficacement qu’à ceux qui sont nés et mûrs pour le posséder.
- Les choses profondes sont toujours préparées et enveloppées par une certaine obscurité : les étoiles n’apparaissent que dans la nuit.
- Il n’y a rien, rien, rien. Mais s’il n’y a rien, quelle est donc cette lumière qui me révèle le rien ?
- Vieillesse qui avance. Mourrai-je par rupture ou par usure ? Par la lumière qui se dérobe ou par le regard qui s’éteint ? Je préfère voir l’univers mourir brutalement pour moi que lentement en moi.
- La terre deviendrait vite inhabitable si chacun cessait de faire par politesse ce qu’il est incapable de faire par amour. Inversement, le monde serait presque parfait si chacun arrivait à faire par amour tout ce qu’il fait par politesse.
- L’espérance n’es pas un état d’âme, c’est une vertu. Elle se nourrit de son contraire, comme le vrai courage de la peur dominée.
- Plus le troupeau est troupeau, plus le pasteur est seul. Il faut que, de temps en temps, une brebis s’égare pour qu’une solitude vienne parler à la sienne.
- L’ami vrai, ce n’est pas celui qui sait se pencher avec pitié sur notre souffrance, c’est celui qui sait regarder sans envie notre bonheur.